Le dialogue entre science et religion est en pleine expansion en ce début du 21ème siècle au niveau mondiale. C’est un dialogue qui s’est produit déjà depuis très longtemps puisque déjà dans la pensée grecque on en suit la trace, comme on en suit la trace au cours du moyen âge dans les pensées juives, chrétienne et musulmane. Puis il y a eu une période, surtout en occident, où on a pensé que science et religion avaient définitivement divorcé, l’affaire Galilée est la situation emblématique de ce divorce, et où finalement, après ce divorce, science et religion n’avaient plus rien à ce dire.
Il se trouve que, en cette fin du 20ème siècle et début 21ème siècle, on trouve un intérêt nouveau à ce dialogue entre les résultats de la science ou l’interprétation philosophique qui en résulte et la réflexion à l’intérieur de la religion et principalement la réflexion théologique.
Il y a plusieurs raisons à cela.
La première raison, sans doute, vient de l’intérêt que les théologiens ont, et plus généralement les penseurs religieux, pour le monde. En effet, le rapport au texte, un texte qui est, pour les musulmans, est un texte éternel universel, le Coran, vivant encore ici et maintenant comme il était au moment de la révélation ; ce rapport au texte est quand même conditionné par regard des gens qui le lisent ; et croire à l’universalité du texte, est aussi penser que ici et maintenant en cette l’Europe et ce monde du 21ème siècle, nous avons la capacité de lire le texte et d’en tirer des enseignements pour aujourd’hui et a approcher le texte, nous devons l’approcher avec le regard des hommes et des femmes d’aujourd’hui ; ce regard qui est profondément informé par la science. Donc nous devons connaître la science pour mieux approcher les questions de nature spirituelle et théologique. C’est une première raison de succès du dialogue entre science et religion.
Une autre raison vient d’un processus qui s’est déroulé au sein même de la science pendant le 20ème siècle, celui de mutations conceptuelles considérables qui se sont produites dès le début du 20ème siècle et qui se sont poursuivi pendant tout le siècle passé. Ces mutations ont vu apparaître petit à petit de l’indéterminé, de l’indécidable, de l’incomplet à l’intérieur même de la science. Et loin d’être une défaite de la science, finalement, ces résultats sont une victoire de la science. Une victoire qui montre la maturité de la science. Mais elles ont rendu aussi – ces victoires – les scientifiques plus modestes d’un certain point de vu, puisque l’ancien paradigmes, celui du 19ème siècle où la science pensait pouvoir expliquer l’ensemble du réel. Cet ancien paradigme a volé aux éclats et les nouveaux paradigmes, ceux de la physique relativiste, ceux de la mécanique quantique, ceux qui se trouve aussi dans la théorie du KO, par exemple pour ne mentionner que la physique ; ou bien Les théorèmes d’incomplétude du coté des mathématiques. Ces nouveaux paradigmes sont beaucoup plus difficiles à interpréter que les paradigmes précédents. La physique, notamment la galiléenne par exemple, pour laquelle une interprétation très simple ou même naïve était possible.
Voilà maintenant des scientifiques qui sont en quête de sens, comme on dit maintenant, et qui sont à la recherche d’une interprétation, d’abord de nature philosophique, mais peut être aussi de nature spirituelle.. de nature herméneutique pour reprendre le mot du sens, une interprétation à leur pratique scientifique. Ces théologiens et ces scientifiques se retrouvent en une sorte de lieu commun, le discours philosophique sur l’interprétation de la science et sont les uns et les autres, peut être, les derniers à penser qu’il existe une réalité indépendante de nous.. une réalité difficile à approcher, que ce soit la réalité de Dieu, pour les croyants, ou la réalité du monde qui se dérobe qui résiste aux tentatives d’investigation de la science.
Il y a, sans doute, une troisième raison qui motive l’intérêt actuel pour le dialogue entre science et religion. Ce sont les problèmes auxquels l’humanité doit faire face au niveau environnemental. Tout le monde a entendu parler des questions de réchauffement climatique, du problème de l’accès aux ressources en eau, du problème de partage des ressources entre les différentes aires culturelles, comme il y a des problèmes considérables qui se sont soulevé par la science au niveau des biotechnologies, de leur emploi, de la capacité qui nous est offerte maintenant pour manipuler le vivant.. tout cela nous obligera à l’avenir à prendre des décisions au niveau planétaire. Ces décisions devront être informées par la science. Mais il se trouve que les différentes aires culturelles n’ont pas le même rapport à la science. Comment prendre des décisions qui sont indispensable pour rassurer la survie de l’humanité si nous avons de part et d’autre des rapports différents à la science ?!
Nous devons donc questionner ces rapports pour pouvoir préparer une réflexion commune qui est indispensable pour le salut de l’humanité.
Enfin, une quatrième et dernière raison qui motive ce dialogue et qui peut être la plus importante, celle du dialogue inter-civilisationnel et inter-religieux. En effet, la coexistence des religions est maintenant un fait, un fait inuit pour l’humanité, un fait inédit, il ne s’est jamais produit au cours des époques précédentes, c’est une donnée maintenant de la globalisation, de la mondialisation. Nous devons apprendre à parler ensemble, apprendre à nous écouter et à nous respecter. Ce dialogue inter-religieux est difficile. Il rencontre un certain nombre d’obstacles. Voilà à travers le dialogue avec la science, les religions peuvent aussi entrer en dialoguer les unes avec les autres, quand elles parlent de ce donné commun qui le monde, comme la science est un patrimoine commun à toute l’humanité.
Ces quatre raisons font que, depuis quelques dizaines d’années, et singulièrement, depuis quelques années, le thème de dialogue entre science et religion a connu une expansion rapide surtout dans le monde occidental, mais aussi dans d’autres aire géographique et culturelle comme l’Inde ou la Chine par exemple. Et le monde musulman autant que tel doit participer à ce dialogue parce qu’il a au cours de son histoire profondément contribuer à façonner la science telle qu’elle est actuellement et la pensée philosophique du moyen age et de l’époque moderne à travers la contribution des grands philosophes musulmans ou des grands mutakalimouns (grands théologiens musulmans).
C’est vrai que, depuis quelques siècles, le monde musulman a connu une période d’endormissement qui évidemment a été suivi d’une longue période de colonisation, intellectuelle surtout, et maintenant je pense qu’au niveau mondial la réflexion sur l’humanité, sur le rôle de la science au 21ème siècle attend des voix musulmanes pour contribuer sereinement à l’avenir de l’humanité, à l’exemple de ce qui s’est passé pendant la grande période classique de l’islam où les savants musulmans ont entrepris des traductions de tout un patrimoine intellectuel et culturel de leur époque et ont entrepris de rédiger des synthèse de ce patrimoine dans le tawhid, l’unification éternelle, le cœur même de la doctrine islamique ; donc on peut espérer que la contribution du monde musulman à l’avenir de l’humanité en ce 21èmeème siècle sera justement cette réaffirmation de tawhid, de ce paradigme d’unification qui manque tant à l’humanité qui est morcelée par des replis identitaires de différentes natures et qui en même temps se trouve victime d’une uniformisation liée à la mondialisation, une uniformisation culturelle ; alors on a uniformité et diversité là où on voudrai avoir unité et harmonie dans la diversité, et c’est cela qu’on peut espérer pour l’humanité du 21 siècle.
Bruno Abdelhak Guiderdoni – Astrophysicien, directeur de recherches au CNRS, directeur de l’observatoire de Lyon, spécialiste de la formation des galaxies
D’après un communiqué du Ministère des Habous et des Affaires islamiques, la commission royale chargée du pèlerinage a annoncé que l’opération d’inscription des pèlerins, dans les différentes préfectures et provinces du Royaume au titre de la saison 1430 de l’hégire (2009), se déroulera du 1er au 10 avril.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Web du Ministère : http://www.habous.gov.ma
Il est, donc, vivement conseillé de les lire avant de continuer..
Verset 2 : L’homme est certes, en perdition,
إن الإنسان لفي خسر
L’utilisation du mot « insan« (être humain) indique que l’affirmation dans ce verset concerne toute l’humanité dans son absolu, donc, pas simplement un groupe ou une nation choisie. Et même si le mot (insân) est au singulier, il est utilisé dans un sens collectif, il s’applique aussi bien à l’individu, aux groupes, nations, qu’à l’humanité toute entière.
« khosr« (littéralement : perte, errance loin du droit chemin) est un antonyme de « ribh » (profit); dans le commerce, « khosr » est utilisé pour désigner la perte voir la faillite. Dans le Coran, ce terme a une utilisation particulière, c’est un antonyme de « falah » (succès). Et le succès n’est pas l’acquisition de biens matériels, mais la réussite dans l’au-delà, ainsi ce concept de « khosr » (perte) n’est pas synonyme de la seule perte terrestre, mais surtout par rapport à l’au-delà. Cette vérité a été exprimée dans de nombreux versets du Coran.
Ainsi, dans cette sourate, le Coran déclare par l’absolu et l’affirmatif que l’Homme est certainement perdant, sa perte est aussi bien ici-bas que dans l’au-delà, SEULS ceux qui possèdent les quatre qualités précitées (la foi, les bonnes œuvres, s’encourager les uns les autres à la vérité, s’encourager les uns les autres à la patience) sont préservés du péril et sont à l’abri de toute perte, ceux là sont, en effet, gagnants aussi bien sur terre que dans l’au-delà.
Dans un précédant article je me suis donné à la tache de montrer la grandeur et l’importance de sourate Al-Asr, tant sur les plan de l’éloquence que du message qu’elle contient. Aujourd’hui je vais poursuivre avec un peu de tafsir (exégèse)..
Verset 1: Par le Temps!
Un serment par le temps, avec tout ce qu’il a contenu, contient et contiendra d’événements, d’enseignements, de leçons,… relayés par les mots et l’expérience.
Ibn Abbas a dit : « Al-Asr, c’est le « dahr » (longue durée temporelle, temps, siècle, âge, éternité,…) et Dieu a juré par Al-Asr pour ce qu’il contient des enseignements ». Tandis que Qatada, dit que Al-Asr, sont les deux dernières heures de la journée, et Dieu a juré par Al-Asr comme il a juré par le « doha » pour les signes des pouvoirs de Dieu qu’ils contiennent. « .
Al Qurtubi a dit que Dieu a juré par Al-Asr pour montrer qu’Il a parfaitement réalisé la gouverne de la Vie. D’autres ont dit que Dieu a juré par la prière d’Al-Asr parce que, selon eux, c’est la plus importante des prières.
Ar-Razia dit : « J’ai compris le sens de sourate Al-Asr grâce à un vendeur de glace, qui crierait aux gens dans un marché : « Ayez pitié de celui dont les biens fondent pour toujours ! ». L’entendant, je me suis dit : « C’est cela donc le sens de Wal- ‘asr-i innal-insana la-fi khusr. » Le temps donné à chacun de nous passe rapidement comme la fonte de la glace; s’il est gaspillé, ou dépensé dans de mauvaises activités, il sera une grande perte pour l’homme.
Le mot temps pour Maudoudi est utilisé pour le passé, le futur et pour le temps qui passe au fur et à mesure, il ne signifie donc pas une longue étendue de temps. Chaque instant qui passe, devient une partie du passé, et chaque moment du futur, quand il se déroule, devient présent, et une fois terminé il fait à son tour parti du passé. Ici, puisque le serment a été fait dans l’absolu les trois sortes de temps sont inclus dans la signification.
Dieu jure par le temps, tout le temps, que l’homme est perdant. Parce qu’il préfère la vie terrestre, limitée dans le temps, à la vie éternelle de l’au-delà et est occupé par ses passions et ses envies.
Dieu a juré par le temps, parce que sa voie est éternelle et intemporelle. Elle est indépendante du temps comme du lieu d’ailleurs… Elle est universelle.
Allah a juré par le temps parce que chaque instant qui passe diminue l’âge de l’univers, de la terre, des personne et de la vie toute entière, mais il n’est jamais trop tard pour se ressaisir.
Ce serment par le temps a été fait pour accentuer le fait que l’être humain court, à chaque instant de sa vie, vers sa perte et que seuls ceux qui sont caractérisés par ces quatre qualités seront sauvés :
la foi;
les bonnes œuvres;
s’encourager les uns les autres à la vérité;
s’encourager les uns les autres à la patience.
Sourate Al-Asr, vient rappeler aux gens leur énorme perte lorsqu’ils gaspillent le temps, qui leur est imparti, sans que les obligations principales de leur vie ne soient accomplies, car le temps est le capital humain dont la perte ne peut être compensée.
Le terme Al-Asr (littéralement : temps, saison, déclin du jour, après-midi, fin d’un cycle, âge, siècle, époque, ère,…) est un rappel absolu à toutes personnes, tous ages confondus, mais avec une mention spéciale pour les plus âgées d’entre elles. En effet, après avoir vécu les premières décennies de leurs vies, la plupart des gens ne réalisent pas rapidement, et beaucoup ne réalisent jamais, qu’une partie de leur vie vient de partir furtivement et rapidement tandis que les principaux buts de cette dernière ont été négligés, carles objectifs de la vie, ne consistent certainement pas à assouvir les désirs terrestres, ni même à mener une vie calme, tranquille et paisible.
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Sourate Al-Asr (n° 103) une sourate mecquoise, dont le nom est tiré de son premier verset, elle est descendue dans le but de donner un sens à la vie humaine et en établissant, de façon claire, ce qui rend l’être humain heureux ou malheureux et de ce qui lui apportera de la réussite comme de que ce qui le conduira à sa perte.
Bien que certains commentateurs la considèrent comme étant une sourate médinoise, la majorité d’entre eux estiment qu’elle est mecquoise; les thèmes de la sourate confirme cette idée, quand le message de l’islam était présenté brièvement, avec des formulations hautement impressionnantes.
Cette sourate a probablement été révélée pendant la 3ème année de la prophétie, quand l’atmosphère à la Mecque était autoritaire, oligarchique et/ou ploutocratique. Où les riches, peu nombreux, avaient hérité de la puissance, et que leur suprématie économique était dominante. En plus, la société était fortement irréligieuse, et n’importe quelle bigoterie était dictée et déterminée principalement par quelques gens fortunés. Le Coran vise, à travers de nombreuses sourates, ce type de sociétés et dénonce leurs penchants pour certaines idéologies qui n’ont aucunes valeurs durables, fournissant ainsi des enseignements moraux et spirituels aux générations futures.
Al-Asr signifie littéralement le temps (ce mot a d’autres significations en relation avec le temps). Dans la trentième Jouz‘ (partie) du Coran, quatre autres sourates ont des titres en rapport avec diverses parties du jour : Fajr (Aube) [n° 89], Al-Layl (Nuit) [n° 92], Duhâ (Midi) [n° 93] et Falaq (Aube naissante) [n° 113]. Dans chacune de ces sourates, les périodes du jour sont employées pour créer un prélude solennel au thème qui va suivre.
Excepté la sourate Falaq, le reste de ces sourates commencent par le waw al-qasam (formule de serment) qui assume un rôle rhétorique prévu pour attirer autant l’attention de l’auditeur que celui du lecteur, pour les sensibiliser de façon solennelle à la croyance et à la vérité des paroles qui vont suivre. Cette manière de prononcer un serment dans les versets d’introduction d’une sourate donne un effet saisissant dès le début de la sourate ce qui n’aurait pas pu être produit en utilisant une formulation traditionnelle.
Cette sourate est un exemple inégalable de profondeur et de concision. Un univers de sens, qui serait trop vaste pour être totalement rendu dans un livre entier, a été saisi par les mots peu nombreux de cette sourate.
l’imam Châfi’î a dit : « Si Dieu Le Très Haut n’avait révélé à ses créatures, comme argument, que cette sourate, elle leur aurait suffit.«
Pour connaitre l’importance de cette sourate aux yeux des compagnons, du prophète (pbsl), il suffit d’observer la tradition citée par Abdullah ibn Hisn ad-Darimi Abu Madinah, selon qui, à chaque fois que deux d’entre eux se rencontraient, ils ne se quittaient pas avant s’être récités mutuellement la sourate Al-Asr. (reporté par Attabarani)
Explication au mot par mot
En phonétique
En arabe
Traduction en français
Versets
Wal l’asri
والعصر
Par le temps (ère, age, après-midi, longue période de temps,…) (C’est un serment fait) par le temps
Verset 1
Inna l inssana
ان الانسان
Certes l’Homme Dans le Coran, lorsqu’Allah fait un serment, on cherche la réponse à ce serment (jawab al qassam), en français, on appelle cela l’apodose du serment, ici c’est l’homme.
Verset 2
Lafi khoussrin
لفى خسر
Est en perdition En faiblesse et en danger…
Verset 2
Illa l’ladhina amanou
إلا الذين
A l’exception de ceux qui ont la foi
Verset 3
Wa amilou assalihati
وعملوا الصلحات
et accomplissent les bonnes œuvres
Verset 3
Wa tawasso bil haqqi
وتواصوا بالحق
se recommandent mutuellement la vérité Le bien tout entier : dogme et actes à accomplir
Verset 3
Wa tawasso bis-sabr
وتواصوا بالصبر
et se recommande mutuellement l’endurance S’éloignent des désobéissances et font preuves d’endurance dans les épreuves.
Verset 3
Al Balagha (Éléments d’éloquence linguistique)
« Lafi« : traduit en français à l’aide du mot certes, sert à intensifier la phrase pour signifier que c’est assurément une énorme perte.
« Itnab« ou répétition le même verbe pour appuiyer un sens : en répétant tawassaw deux fois.
« Al haqq« (la vérité, le droit, le juste, l’un des noms d’Allah,…) englobe tout les bons vertus de l’humain y compris le « sabr« (la patience, endurance,…), mais Dieu a quand même cité le « sabr » pour le distinguer comme si lorsqu’on veut distinguer un cas particulier d’entre un groupe de communs.
« Assaj’aa » ou la rime de la fin des versets : asr, khosr, sabr…
Étant donné que les arguments de ceux qui interdisent l’exégèse (Tafsir) par l’opinion ne résistent pas à l’examen critique, le chercheur équitable conclut à la légitimité du tafsîr selon l’opinion posée et lucide et l’effort intellectuel de celui qui en a les moyens, à savoir la connaissance parfaite de la langue arabe, des fondements de la religion islamique, les sciences du coran, de la sunna,…
Par ailleurs, si nous n’interprétions pas le Coran par l’effort intellectuel, nous viderions de son sens l’invitation à la méditation du Coran et à la réflexion que Dieu nous a faite dans plusieurs versets. Nous nous priverions de nombreux commandements éthiques et de sciences diverses que renferme le Noble Livre et qui continuent à se dévoiler tous les jours dans le Livre de Dieu.
Il n’y a nul doute que les narrations authentiques et établies transmises du Prophète – que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui – en matière de tafsîr sont peu nombreuses comparées aux passages à propos desquels rien ne nous fut transmis de sa part. De même, les narrations des Compagnons et Successeurs ne couvrent pas tous les versets du Noble Livre sans oublier les narrations faibles, controuvées et les isrâ’îliyyât (mythes israélites), ce qui représente beaucoup et notamment relativement aux versets décrivant la nature, domaine où la science progresse au fil des âges.
L’invalidité des interprétations fournies pour ces versets est devenue flagrante et nécessite l’ouverture de la voie de l’ijtihâd (effort intellectuel) dans le domaine du tafsîr du Noble Coran. Sinon, on aurait du mal à comprendre une partie non négligeable des versets du Noble Coran et on ignorerait ce qu’il faut entendre par ces versets. Or, ceci contredit sa vocation de Livre de la Grande Guidance et de Guide Suprême de l’humanité au fil des âges, et sa qualité de Miracle Grandiose et de miracle permanent du Sceau des Prophètes et des Messagers de tous les temps.
Le blâmable et le louable dans l’exégèse par l’opinion
Ce qu’il faut retenir c’est que l’exégèse du Coran par l’opinion et par l’ijtihâd est de deux sortes :
L’exégèse récusée et rejetée consiste à interpréter le Coran sans avoir les qualifications pré-requises, ou l’interprétation selon la passion et le gout personnel, ou l’interprétation visant à soutenir un mauvais madhhab (école de jurisprudence )et une opinion erronée, ou l’exégèse de l’équivoque (mutashâbih) que seul Dieu connait, cette catégorie de tafsîr comprend souvent des narrations fausses et sans fondement;
L’exégèse louable et approuvée est fondée sur une connaissance suffisante des règles linguistiques, juridiques et fondamentales : les fondements de la religion, les fondements du fiqh, la science des traditions et des hadîths. Elle ne contredit pas un texte authentique, ni une raison saine, ni une science certaine fermement établie tout en faisant tous les efforts possibles de recherche et de réflexion, poussant à l’extrême la recherche de la vérité et de l’opinion juste et le détachement de soi des passions et des préférences (istihsân) non étayées par des arguments et en observant Dieu soigneusement dans tout ce que l’on dit.
Extrait de « L’exégèse interprétative » – http://www.islamophile.org/
Aujourd’hui j’ai décidé de donner la parole au TRÈS controversé, Tariq Ramadane qui nous parlera, dans sa première intervention (8min 50), de laïcité et d’anti-religion, de l’Islam et des origines de l’islamophobie occidentale, de l’intégration, de la question palestinienne, de l’Anti-antisémitisme, d’Israel,…
Dans cette deuxième intervention (3min 30), Tariq expose sa vision de modernisation et de réforme de l’Islam qu’il défend comme étant une nécessité fondamentale..