Le Coran est-il une imposture?

Mardi, 19 janvier 2010

En tout cas, ce serait l’avis du dénommé Abdullah Ibn Saâd Ibn Abi Sarh, après avoir regagné la Mecque fuyant Médine.

Il aurait dit à ses amis : « C’est moi qui dirigeais Mohammad là où je voulais. Il me dictait «Tout-Puissant et Sage» et moi j’écrivais  «Omniscient et Sage». Alors, il disait: «Oui, c’est tout au même». »

Il aurait dit aussi : « Il (Mohammad) me disait «Écris tel ou tel (parlant du Coran)», moi je lui suggérais autre chose et il me disait: «Écris ce que tu veux!» » [1]

Qui est-ce donc Ibn Sarh?

Et comment a-t-il pu accuser Mohammad d’imposture?

Pour comprendre le fin mot de l’histoire, nous allons retourner un peu en arrière…

Adbdullah Ibn Abi Sarh est un Quraychite qui s’est converti à l’islam et a immigré au Prophète (ç) (ie à Médine). Il est devenu par la suite l’un des compagnons du Prophète (ç) et a gagné sa confiance jusqu’à devenir l’un des scribes de la révélation, puisque le Messager d’Allah ne pouvait transcrire le Coran lui-même.

Un jour le Prophète (ç) a sollicité les services de son scribe Ibn Abi Sarh pour transcrire les premiers versets de sourate Al-Mo’minin (les fidèles), ainsi Mohammad dictait :

[Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en fîmes une Notfa (goutte) dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait de la Notfa une Âlaqa (adhérence); et de la Âlaqa Nous avons créé une Modgha (embryon); puis de cette Modgha Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l'avons transformé en une tout autre créature.] (Coran 23, 12-14)

A ce moment, Ibn Abi Sarh emporté par l’émerveillement s’exclama :

[Gloire à Allah le Meilleur des créateurs !] (Coran 23, 14)

Le Prophète (ç) s’écria : « c’est exactement comme cela qu’il m’a été révélé! » [2]

Probablement c’est à ce moment-là que notre scribe fut pris de doute, je l’imagine se disant : « si ce que je viens de prononcer est du Coran alors,  moi aussi je peux entendre la révélation divine, sinon, le Coran même ne serait que l’invention pure et simple de Mohammad (ç) et je peux en écrire pareil ».

Par la suite, il a apostasié, retourné à La Mecque et a commencé à lancer ses calomnies. (début de l’histoire)

A son sujet, Allah dit dans le Coran : [3]

[Et quel pire injuste que celui qui fabrique un mensonge contre Allah ou qui dit : "Révélation m'a été faite", quand rien ne lui a été révélé. De même celui qui dit : "Je vais faire descendre quelque chose de semblable à ce qu'Allah a fait descendre."] (Coran 6, 93)

Lorsque la Mecque fut conquise, le Prophète (ç) ordonne son exécution en châtiment de son crime, mais son frère de lait Othmane (le troisième calife de l’islam) lui a obtenu grâce auprès de Mohammad (ç). Il s’est donc reconverti à l’Islam et devenu l’un de ses grands hommes.

Ce personnage est décrit dans la littérature islamophobe comme étant le « génie » qui a démasqué le mensonge de la révélation coranique. Or, comment expliquer son repenti et retour à l’Islam demandant grâce et pardon? Comment expliquer le fait qu’il est seul à lancer ces accusations alors qu’il aurait pu prendre le Prophète sur le fait et devant des témoins?

Notant par l’occasion que la phrase qu’il vient de compléter, par pure coïncidence, s’inscrit dans un certain cheminement linguistique courant dans le Coran et serait assez « logique à deviner » pour lui, qui est habité à transcrire la révélation. Par conséquent je prône l’avis d’un excès de zèle qui aurait saisi l’homme suite à la lourde responsabilité qui lui incombait et qui s’est soldé, à la fin, par le remord et le repenti. D’ailleurs, plusieurs sources historiques, notamment At’Tabari, rapportent qu’il s’est reconverti à l’Islam bien avant la conquête de la Mecque, donc bien avant qu’il ne soit menacé de mort.

Maxime Rodinson, dans sa bibliographie « Mahomet« , raisonne que cela ne fait pas nécessairement de Mohammad un imposteur : peut-être s’est-il (Ibn Abi Sarh) dupé lui-même ; « le succès enfin venu, il se défiait sans doute moins de la Voix, qui de notre point de vue n’était que celle de son inconscient.« 

  • [1] « As’Sira Al-alfia » de son auteur Al-Iraqi
  • [2] « Usoud Al-ghaba fî Ma’rifat As’Sahaba » de son auteur Ibn al-Athîr
  • [3] Voir, par exemple, le Tafsir (exégèse) d’Ibn Al-Jawzi

Nous qui avons fait descendre le Coran et c’est Nous qui en sommes gardien

Mercredi, 23 décembre 2009

moshaf

Dés le début de la révélation, l’énergie du Prophète (ç) et de ses compagnons était dirigée vers la mémorisation du Coran et sa collection dans les cœurs et les poitrines des fidèles.

En effet, les musulmans s’attachèrent à sa récitation pendant les prières prescrites et lors des prières surérogatoires nocturnes, au cours de leur voyages et quand ils se fixaient, de jour comme de nuit. Il y avait une armée de mémorisateurs ; des masses de musulmans qui récitaient le Coran au cœur de la nuit et à tous les moments de la journée.

Le prophète (ç) les encourageait en leur disant :

[Les meilleurs d'entre vous sont ceux qui ont appris le Coran et l'ont enseigné aux autres ]

et..

[Celui qui récite le Coran avec habileté sera du rang des anges nobles. Celui qui récite le Coran en balbutiant et avec peine sera doublement rétribué]

(Hadiths rapportés par Al-Boukhari)

Néanmoins, leur attachement à sa mémorisation et à sa récitation ne les détourna pas de son inscription ni de sa consignation qui furent à la hauteur des instruments d’écriture et des moyens disponibles de leur temps.

Ainsi, le Messager d’Allah (ne sachant pas écrire lui même) engagea-t-il des scribes pour consigner la révélation. Certains étaient intérimaires et d’autres étaient consacrés à cette activité. Chaque fois qu’un passage du Coran était révélé, le Prophète leur ordonnait de l’inscrire tellement il veillait à son inscription et à sa consignation et par supplément de précaution et d’attention envers le Livre de Dieu — Exalté soit-Il — afin que l’inscription appuie la mémorisation et que l’écrit corrobore le verbe.

Ces scribes étaient parmi l’élite des Compagnons. On comptait parmi eux : Abû Bakr, Omar, Uthmân, Muâwiyah, Abân Ibn Saîd, Khâlid Ibn Al-Walîd, Ubayy Ibn Kaâb, Zayd Ibn Thâbit, Abdollah Ibn Saad Ibn Abi Sarh et d’autres.

Le Prophète  leur indiquait l’emplacement du passage dans sa sourate respective. Alors ils l’y inscrivaient sur les supports disponibles que ce soit les feuilles de palmiers, les pierres plates, les peaux, les feuillets, les omoplates et les côtes. Puis, l’écrit était conservé dans le domicile du Messager d’Allah. Ainsi à la mort du prophète (ç) le Coran était-il compilé, non pas dans un livre relié, mais dispersé dans les différents supports sus-mentionnés.

On rapporte qu’Ibn `Abbâs dit : « Lorsqu’une sourate était révélée, le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — faisait venir quelque scribe et disait : placez cette sourate à l’endroit où l’on dit telle et telle chose.« 

On rapporte que Zayd Ibn Thâbit dit : « Nous avions pour habitude de colliger le Coran à partir des feuillets chez le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui« . Colliger le Coran à partir des feuillets c’est le fait de mettre chaque verset dans l’ordre dans la sourate correspondante sur les consignes du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui. Cet ordre était arrêté par Gabriel — paix sur lui. En effet, on rapporte que Gabriel — paix sur lui — disait : « mettez tel verset à tel emplacement« . Sans aucun doute, Gabriel ne s’exprimait dans ce domaine que sur les ordres d’Allah — Glorifié soit-Il — car il est le dépositaire de la révélation céleste.

Source : islamophile.org

ZEKR, un logiciel libre pour étudier le Coran

Dimanche, 13 décembre 2009

zekr

Zekr Qur’an (ذِكر) est un logiciel libre et open source pour l’étude du saint Coran.

Certes, en cours de développement, néanmoins je viens de tester sa version 0.7.5 bêta 2 sous Ubuntu et sous Windows, et je peux vous dire qu’elle est parfaitement fonctionnelle.

Zekr (que j’aurais plutôt écrit « Dhikr ») est un outil presque complet, vous pouvez donc l’utiliser pour lire les versets coraniques en arabe ou en phonétique, écouter des récitations on-line et aussi off-line, avoir des traductions en une vingtaine de langues différentes, faire des recherches textuelles,…

Ce logiciel multi-plateforme est facile à utiliser, il est disponible en téléchargement  pour Linux (son environnement maternel),  Windoz et  Mac-OS

Rappelez-vous que Zekr Qur’an est toujours en cours de développement, alors si vous pensez pouvoir aider à le rendre meilleur, soit par vos talents de programmateur, de traducteur, d’épigraphiste, bêta-testeur,… ou par de simples suggestions, n’hésitez pas à vous manifester via son site web

Ainsi commença la révélation du Coran

Mercredi, 21 octobre 2009

la grotte de hira

Aïcha, la mère des Croyants, a dit :

« La Révélation débuta chez le Prophète par de pieuses visions qu’il avait pendant son sommeil. Toutes lui parurent avec une clarté semblable à celle de l’aurore. Plus tard, il se prit à aimer la retraite. Il se retirait alors dans la caverne de Hirâ, où il se livra au tahannouts, c’est-à-dire à la pratique d’actes d’adoration durant un certain nombre de nuits consécutives, sans qu’il revînt chez lui ; aussi se munissait-il à cet effet de provisions de bouche. Ensuite il revenait vers Khadîja et prenait les provisions nécessaires pour une nouvelle retraite. Cela dura jusqu’à ce que la Vérité lui fut enfin apportée dans cette caverne de Hirâ.

L’archange vint alors le trouver et lui dit : « Lis ! Je ne suis point de ceux qui lisent », répondit-il. L’ange me saisit aussitôt, raconta le Prophète  et me pressa au point de me faire perdre toute force et me répéta : « Lis ! – Je ne suis point de ceux « qui lisent, » répliquai-je encore. Pour la troisième fois l’ange me saisit, me pressa au point de m’enlever toute force, puis me lâcha en disant : [Lis! au nom de ton Seigneur qui a créé. Créé l'homme d'une adhérence. Lis! et ton Seigneur est le très généreux qui a enseigné par la plume (Al-Qalam), a enseigné à l'homme ce qu'il ignorait] » (Coran  96, 1 à 5)

En possession de ces versets, le cœur tout palpitant, le Prophète rentra chez Khadîdja et s’écria : « Enveloppez-moi ! « Enveloppez-moi ! » On s’empressa de le tenir enveloppé jusqu’au moment où son effroi fut dissipé. Alors, s’adressant à Khadîdja, il la mit au courant de ce qui s’était passé, puis il ajouta : « Ah ! j’ai cru que j’en allais mourir! – Non pas! répondit Khadîdja. Jamais Dieu ne t’infligera d’affronts ; car tu es uni avec tes proches, tu ne dis que la vérité, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu viens en aide aux éprouvés ».

Ensuite Khadîdja emmena Mohammed (pbAsl) chez Waraqa Ibn Naufal. Cet homme, qui était le cousin paternel de Khadîdja, avait embrassé le christianisme. Il savait l’arabe par écrit, et avait traduit vers l’arabe des passages de l’Évangile autant qu’Allah avait voulu. A cette époque il était âgé et était devenu aveugle : « Ô mon cousin, lui dit Khadîdja, écoute ce que va te dire le fils de ton frère. – Ô fils de mon frère, répondit Waraqa, de quoi s’agit-il ? » Le Prophète raconta alors ce qu’il avait vu. « Cet ange, dit Waraqa, c’est le Confident que Dieu a envoyé autrefois à Moïse. Plût à Dieu que je fusse jeune en ce moment ! Ah ! que je voudrais être encore vivant à l’époque où tes concitoyens te banniront ! -Ils me chasseront donc??? s’écria le Prophète – Oui, reprit Waraqa. Jamais un homme n’a apporté ce que tu apportes sans être persécuté ! Si je vis encore ce jour-là, je t’aiderai de toutes mes forces. » Après cela Waraqa ne tarda pas à mourir, et la Révélation fut interrompue. »

A propos de cette interruption, Jabir Ibn Abdellah Al-Ansari raconte:

« Tandis que je marchais, dit le Prophète, j’entendis une voix qui venait du ciel. Levant alors les yeux, j’aperçus l’ange qui était venu me trouver à Hirâ ; il était assis sur un trône entre le ciel et la terre. Effrayé à cette vue, je rentrai chez moi en criant : « Enveloppez-moi ! enveloppez-moi ! » Alors Dieu me révéla ces versets : [O, toi (Mohammad)! Le revêtu d'un manteau! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi.] (Coran 74, 1 à 5). Après cela la Révélation reprit avec ardeur et continua sans interruption. »

Récits rapportés par Muslim

Sourate Al-Asr, Hadith Jibril et les trois degrés de la religion

Lundi, 8 juin 2009

imane

Faisant suite aux articles qui traitent de l’exégèse de sourate Al-Asr, l’article présent fait l’introduction de la première condition évoquée dans le troisième verset de cette sourate comme nécessaire au salut de l’Homme.

[A l’exception de ceux qui ont la foi...]

Pour ce faire, je parlerai aujourd’hui du célèbre hadith de Jibril qui fait le résumé du dogme islamique.

. . .

En arabe :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Traduction :

Omar – que Dieu l’ait en son agrément – a relaté :

« Un jour, alors que nous étions auprès du Messager de Dieu , un homme aux vêtements très blancs et aux cheveux très noirs apparut. On ne voyait pas sur lui les traces du voyage et nul parmi nous ne le connaissait. Il s’assit devant le Prophète , mit ses genoux contre les siens, posa ses mains sur ses cuisses, puis dit :

Ô Mohammad ! Informe-moi sur l’Islam !

Le Messager de Dieu  répondit :

- L’islam est que tu attestes qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah, que tu accomplisses la prière, donne l’aumône, jeûnes le Ramadan et fasses le pèlerinage à la Demeure si tu peux y aller.

- Tu as dit vrai, dit l’homme. Ce qui nous étonna : il l’interrogeait puis le confirmait.

Il dit ensuite : Informe-moi donc sur Al Imane (la foi).

Le Prophète répondit :

- C’est de croire en Dieu, en ses anges, en ses livres, ses prophètes et au Jour dernier, et de croire en la prédestination, son bien et son mal.

- Tu as dit vrai, dit l’homme qui ajouta : informe-moi alors sur Al Ihsane (l’excellence dans la façon d’être) !

- C’est d’adorer Dieu comme si tu le voyais. Or, si tu ne le vois pas, Lui te voit.

- Renseigne-moi sur l’Heure (dernière) ! reprit l’homme.

- Celui qui est interrogé sur celle-ci n’en sait pas plus que celui qui interroge.

- Alors renseigne-moi sur ses signes avant-coureurs.

- Lorsque la femme esclave enfantera sa maîtresse et lorsque tu verras les va-nu-pieds, sans habits, pauvres bergers, rivaliser dans la hauteur des constructions.

Puis l’homme s’en alla.

Après un moment, (le prophète) me dit :

- Omar ! Sais-tu qui posait les questions ?

- Dieu et son Envoyé le savent plus !

- C’est Jbrîl (l’ange Gabriel), Il est venu vous enseigner votre religion. « 

Hadith rapporté par Mouslim

Il en ressort que la religion (de l’islam) est structurée en 3 degrés :

Le premier degré étant Al-islam puis en second lieu, Al-imane et tout en haut de l’échelle, Al-ihsane. C’est dans cet ordre qu’ils furent cités dans le hadith.

La preuve : quand des bédouins, fraichement convertis à l’Islam, sont venus au prophète (pbsl) et qu’ils ont prétendu avoir la foi, Allah leur a répondu : [Les Bédouins ont dit: "Nous avons la foi". Dis: "Vous n'avez pas encore la foi. Dites plutôt: Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n'a pas encore pénétré dans vos cœurs. Et si vous obéissez à Allah et à Son messager, Il ne vous fera rien perdre de vos œuvres". Allah est Pardonneur et Miséricordieux] (Coran 49, 14)

Dans leur cas, ces bédouins ne sont considérés comme mécréants ou même hypocrites mais bien des musulmans avec une foi faible qui ne leur donne pas le droit de se nommer croyants . Ceci s’applique également à tous ceux qui résument la religion à l’exécution simple des rituels sans que la foi, qui va indéniablement avec, ne soit vraiment encrée dans leurs cœurs.

Lorsque chacun de ces deux termes « islam » et « imane » est évoqué séparément l’un de l’autre, leurs sens se rejoignent pour indiquer l’ensemble du dogme musulman.

Tandis que lorsqu’ils  sont évoqués ensemble (dans un même texte), alors ils divergent dans leur sens. Il advient alors que chacun des termes « islam » et « imane » prenne un sens propre à lui qui diffèrent l’un de l’autre. Ce qui se traduit par les deux sens « strictes » données dans le hadith cité en haut.

Dans ce cas et pour faire bref, « Al-islam » signifie la soumission extérieure et apparente alors que « Al-imane » est la soumission intérieure et cachée. C’est pour cette raison que l’on dit de ces deux termes : « lorsque qu’ils se rejoignent (dans un texte…) ils divergent (dans leur sens) et lorsque qu’il se séparent, ils se rejoignent»

(الاسلام و الايمان كلمتان إذا اجتمعتا افترقتا وإذا افترقتا اجتمعتا)

Et pour conclure avec le sujet de la foi qui nous intéresse, je dirais que dans l’Islam sunnite, Al-imane (et donc la foi) est décrit comme étant : «CONVICTION par le cœur, ATTESTATION par la langue et ACTE par les membres du corps»

(تصديق بالجنان ، وإقرار باللسان ، وعمل بالأركان)

ce qui englobe à la fois le SPIRITUEL, le COMPORTEMENTAL et le RITUEL.

Quant au terme Al-Ihsane qui désigne le degré suprême de la foi, j’espère avoir l’occasion d’en parler très prochainement (inchallah)

A suivre..

Sourate Al-Asr, l’humanité est en péril

Dimanche, 29 mars 2009

dead-end

Cet article est la suite de ce que j’avais déjà entamé avec les deux premiers articles :

  1. Sourate Al-Asr, prologue vers la sagesse coranique
  2. Sourate Al-Asr, le serment par le temps

Il est, donc, vivement conseillé de les lire avant de continuer..

Verset 2 : L’homme est certes, en perdition,

إن الإنسان لفي خسر

L’utilisation du mot « insan«   (être humain) indique que l’affirmation dans ce verset concerne toute l’humanité dans son absolu, donc, pas simplement un groupe ou une nation choisie.  Et même si le mot (insân) est au singulier, il est utilisé dans un sens collectif, il s’applique aussi bien à l’individu, aux groupes, nations, qu’à l’humanité toute entière.

« khosr«  (littéralement : perte, errance loin du droit chemin) est un antonyme de « ribh » (profit); dans le commerce, « khosr » est utilisé pour désigner la perte voir la faillite. Dans le Coran, ce terme a une utilisation particulière, c’est un antonyme de « falah » (succès). Et le succès n’est pas l’acquisition de biens matériels, mais la réussite dans l’au-delà, ainsi ce concept de « khosr » (perte) n’est pas synonyme de la seule perte terrestre, mais surtout par rapport à l’au-delà. Cette vérité a été exprimée dans de nombreux versets du Coran.

Ainsi, dans cette sourate, le Coran déclare par l’absolu et l’affirmatif que l’Homme est certainement perdant, sa perte est aussi bien ici-bas que dans l’au-delà, SEULS ceux qui possèdent les quatre qualités précitées (la foi, les bonnes œuvres, s’encourager les uns les autres à la vérité, s’encourager les uns les autres à la patience) sont préservés du péril et sont à l’abri de toute perte, ceux là sont, en effet, gagnants aussi bien sur terre que dans l’au-delà.

La suite >

Sourate Al-Asr, le serment par le temps

Mardi, 24 mars 2009

sablier

Dans un précédant article je me suis donné à la tache de montrer la grandeur et l’importance de sourate Al-Asr, tant sur les plan de l’éloquence que du message qu’elle contient. Aujourd’hui je vais poursuivre avec un peu de tafsir (exégèse)..

Verset 1: Par le Temps!

Un serment par le temps,  avec tout ce qu’il a contenu, contient et contiendra d’événements, d’enseignements, de leçons,… relayés par les mots et l’expérience.

Ibn Abbas a dit : « Al-Asr, c’est le « dahr » (longue durée temporelle, temps, siècle, âge, éternité,…) et Dieu a juré par Al-Asr pour ce qu’il contient des enseignements ». Tandis que Qatada, dit que Al-Asr, sont les deux dernières heures de la journée, et Dieu a juré par Al-Asr comme il a juré par le « doha » pour les signes des pouvoirs de Dieu qu’ils contiennent. « .

Al Qurtubi a dit que Dieu a juré par Al-Asr pour montrer qu’Il a parfaitement réalisé la gouverne de la Vie. D’autres ont dit que Dieu a juré par la prière d’Al-Asr parce que, selon eux, c’est la plus importante des prières.

Ar-Razi a dit : « J’ai compris le sens de sourate Al-Asr grâce à un vendeur de glace, qui crierait aux gens dans un marché : « Ayez pitié de celui dont les biens fondent pour toujours ! ». L’entendant, je me suis dit : « C’est cela donc le sens de Wal- ‘asr-i innal-insana la-fi khusr. » Le temps donné à chacun de nous passe rapidement comme la fonte de la glace; s’il est gaspillé, ou dépensé dans de mauvaises activités, il sera une grande perte pour l’homme.

Le mot temps pour Maudoudi est utilisé pour le passé, le futur et pour le temps qui passe au fur et à mesure, il ne signifie donc pas une longue étendue de temps. Chaque instant qui passe, devient une partie du passé, et chaque moment du futur, quand il se déroule, devient présent, et une fois terminé il fait à son tour parti du passé. Ici, puisque le serment a été fait dans l’absolu les trois sortes de temps sont inclus dans la signification.

Dieu jure par le temps, tout le temps, que l’homme est perdant. Parce qu’il préfère la vie terrestre, limitée dans le temps, à la vie éternelle de l’au-delà et est  occupé par ses passions et ses envies.

Dieu a juré par le temps, parce que sa voie est éternelle et intemporelle. Elle est indépendante du temps comme du lieu d’ailleurs… Elle est universelle.

Allah a juré par le temps parce que chaque instant qui passe diminue l’âge de l’univers, de la terre, des personne et de la vie toute entière, mais il n’est jamais trop tard pour se ressaisir.

Ce serment par le temps a été fait pour accentuer le fait que l’être humain court, à chaque instant de sa vie, vers  sa perte et que seuls ceux qui sont caractérisés par ces quatre qualités seront sauvés :

  1. la foi;
  2. les bonnes œuvres;
  3. s’encourager les uns les autres à la vérité;
  4. s’encourager les uns les autres à la patience.

Sourate Al-Asr, vient rappeler aux gens leur énorme perte lorsqu’ils gaspillent le temps, qui leur est imparti, sans que les obligations principales de leur vie ne soient accomplies, car le temps est le capital humain dont la perte ne peut être compensée.

Le terme Al-Asr (littéralement : temps, saison, déclin du jour, après-midi, fin d’un cycle, âge, siècle, époque, ère,…) est un rappel absolu à toutes personnes, tous  ages confondus, mais avec une mention spéciale pour les plus âgées d’entre elles. En effet, après avoir vécu les premières décennies de leurs vies, la plupart des gens ne réalisent pas rapidement, et beaucoup ne réalisent jamais, qu’une partie de leur vie vient de partir furtivement et rapidement tandis que les principaux buts de cette dernière ont été négligés, car les objectifs de la vie, ne consistent certainement pas à assouvir les désirs terrestres, ni même à mener une vie calme, tranquille et paisible.

La vie est trop courte.. pensez-y

La suite >

A Propos

Ici j'exprime mes reflexions, qui sont les reflexions de ce qui je suis et de tout ce qui m'entoure.. Plus

Souscrire?

  Souscrire dans un lecteur? Ou, souscrire via e-mail:
Entrez votre e-mail:   
Trouver :