Le dialogue entre science et religion est en pleine expansion en ce début du 21ème siècle au niveau mondiale. C’est un dialogue qui s’est produit déjà depuis très longtemps puisque déjà dans la pensée grecque on en suit la trace, comme on en suit la trace au cours du moyen âge dans les pensées juives, chrétienne et musulmane. Puis il y a eu une période, surtout en occident, où on a pensé que science et religion avaient définitivement divorcé, l’affaire Galilée est la situation emblématique de ce divorce, et où finalement, après ce divorce, science et religion n’avaient plus rien à ce dire.
Il se trouve que, en cette fin du 20ème siècle et début 21ème siècle, on trouve un intérêt nouveau à ce dialogue entre les résultats de la science ou l’interprétation philosophique qui en résulte et la réflexion à l’intérieur de la religion et principalement la réflexion théologique.
Il y a plusieurs raisons à cela.
La première raison, sans doute, vient de l’intérêt que les théologiens ont, et plus généralement les penseurs religieux, pour le monde. En effet, le rapport au texte, un texte qui est, pour les musulmans, est un texte éternel universel, le Coran, vivant encore ici et maintenant comme il était au moment de la révélation ; ce rapport au texte est quand même conditionné par regard des gens qui le lisent ; et croire à l’universalité du texte, est aussi penser que ici et maintenant en cette l’Europe et ce monde du 21ème siècle, nous avons la capacité de lire le texte et d’en tirer des enseignements pour aujourd’hui et a approcher le texte, nous devons l’approcher avec le regard des hommes et des femmes d’aujourd’hui ; ce regard qui est profondément informé par la science. Donc nous devons connaître la science pour mieux approcher les questions de nature spirituelle et théologique. C’est une première raison de succès du dialogue entre science et religion.
Une autre raison vient d’un processus qui s’est déroulé au sein même de la science pendant le 20ème siècle, celui de mutations conceptuelles considérables qui se sont produites dès le début du 20ème siècle et qui se sont poursuivi pendant tout le siècle passé. Ces mutations ont vu apparaître petit à petit de l’indéterminé, de l’indécidable, de l’incomplet à l’intérieur même de la science. Et loin d’être une défaite de la science, finalement, ces résultats sont une victoire de la science. Une victoire qui montre la maturité de la science. Mais elles ont rendu aussi – ces victoires – les scientifiques plus modestes d’un certain point de vu, puisque l’ancien paradigmes, celui du 19ème siècle où la science pensait pouvoir expliquer l’ensemble du réel. Cet ancien paradigme a volé aux éclats et les nouveaux paradigmes, ceux de la physique relativiste, ceux de la mécanique quantique, ceux qui se trouve aussi dans la théorie du KO, par exemple pour ne mentionner que la physique ; ou bien Les théorèmes d’incomplétude du coté des mathématiques. Ces nouveaux paradigmes sont beaucoup plus difficiles à interpréter que les paradigmes précédents. La physique, notamment la galiléenne par exemple, pour laquelle une interprétation très simple ou même naïve était possible.
Voilà maintenant des scientifiques qui sont en quête de sens, comme on dit maintenant, et qui sont à la recherche d’une interprétation, d’abord de nature philosophique, mais peut être aussi de nature spirituelle.. de nature herméneutique pour reprendre le mot du sens, une interprétation à leur pratique scientifique. Ces théologiens et ces scientifiques se retrouvent en une sorte de lieu commun, le discours philosophique sur l’interprétation de la science et sont les uns et les autres, peut être, les derniers à penser qu’il existe une réalité indépendante de nous.. une réalité difficile à approcher, que ce soit la réalité de Dieu, pour les croyants, ou la réalité du monde qui se dérobe qui résiste aux tentatives d’investigation de la science.
Il y a, sans doute, une troisième raison qui motive l’intérêt actuel pour le dialogue entre science et religion. Ce sont les problèmes auxquels l’humanité doit faire face au niveau environnemental. Tout le monde a entendu parler des questions de réchauffement climatique, du problème de l’accès aux ressources en eau, du problème de partage des ressources entre les différentes aires culturelles, comme il y a des problèmes considérables qui se sont soulevé par la science au niveau des biotechnologies, de leur emploi, de la capacité qui nous est offerte maintenant pour manipuler le vivant.. tout cela nous obligera à l’avenir à prendre des décisions au niveau planétaire. Ces décisions devront être informées par la science. Mais il se trouve que les différentes aires culturelles n’ont pas le même rapport à la science. Comment prendre des décisions qui sont indispensable pour rassurer la survie de l’humanité si nous avons de part et d’autre des rapports différents à la science ?!
Nous devons donc questionner ces rapports pour pouvoir préparer une réflexion commune qui est indispensable pour le salut de l’humanité.
Enfin, une quatrième et dernière raison qui motive ce dialogue et qui peut être la plus importante, celle du dialogue inter-civilisationnel et inter-religieux. En effet, la coexistence des religions est maintenant un fait, un fait inuit pour l’humanité, un fait inédit, il ne s’est jamais produit au cours des époques précédentes, c’est une donnée maintenant de la globalisation, de la mondialisation. Nous devons apprendre à parler ensemble, apprendre à nous écouter et à nous respecter. Ce dialogue inter-religieux est difficile. Il rencontre un certain nombre d’obstacles. Voilà à travers le dialogue avec la science, les religions peuvent aussi entrer en dialoguer les unes avec les autres, quand elles parlent de ce donné commun qui le monde, comme la science est un patrimoine commun à toute l’humanité.
Ces quatre raisons font que, depuis quelques dizaines d’années, et singulièrement, depuis quelques années, le thème de dialogue entre science et religion a connu une expansion rapide surtout dans le monde occidental, mais aussi dans d’autres aire géographique et culturelle comme l’Inde ou la Chine par exemple. Et le monde musulman autant que tel doit participer à ce dialogue parce qu’il a au cours de son histoire profondément contribuer à façonner la science telle qu’elle est actuellement et la pensée philosophique du moyen age et de l’époque moderne à travers la contribution des grands philosophes musulmans ou des grands mutakalimouns (grands théologiens musulmans).
C’est vrai que, depuis quelques siècles, le monde musulman a connu une période d’endormissement qui évidemment a été suivi d’une longue période de colonisation, intellectuelle surtout, et maintenant je pense qu’au niveau mondial la réflexion sur l’humanité, sur le rôle de la science au 21ème siècle attend des voix musulmanes pour contribuer sereinement à l’avenir de l’humanité, à l’exemple de ce qui s’est passé pendant la grande période classique de l’islam où les savants musulmans ont entrepris des traductions de tout un patrimoine intellectuel et culturel de leur époque et ont entrepris de rédiger des synthèse de ce patrimoine dans le tawhid, l’unification éternelle, le cœur même de la doctrine islamique ; donc on peut espérer que la contribution du monde musulman à l’avenir de l’humanité en ce 21èmeème siècle sera justement cette réaffirmation de tawhid, de ce paradigme d’unification qui manque tant à l’humanité qui est morcelée par des replis identitaires de différentes natures et qui en même temps se trouve victime d’une uniformisation liée à la mondialisation, une uniformisation culturelle ; alors on a uniformité et diversité là où on voudrai avoir unité et harmonie dans la diversité, et c’est cela qu’on peut espérer pour l’humanité du 21 siècle.
Bruno Abdelhak Guiderdoni – Astrophysicien, directeur de recherches au CNRS, directeur de l’observatoire de Lyon, spécialiste de la formation des galaxies
Il est, donc, vivement conseillé de les lire avant de continuer..
Verset 2 : L’homme est certes, en perdition,
إن الإنسان لفي خسر
L’utilisation du mot « insan« (être humain) indique que l’affirmation dans ce verset concerne toute l’humanité dans son absolu, donc, pas simplement un groupe ou une nation choisie. Et même si le mot (insân) est au singulier, il est utilisé dans un sens collectif, il s’applique aussi bien à l’individu, aux groupes, nations, qu’à l’humanité toute entière.
« khosr« (littéralement : perte, errance loin du droit chemin) est un antonyme de « ribh » (profit); dans le commerce, « khosr » est utilisé pour désigner la perte voir la faillite. Dans le Coran, ce terme a une utilisation particulière, c’est un antonyme de « falah » (succès). Et le succès n’est pas l’acquisition de biens matériels, mais la réussite dans l’au-delà, ainsi ce concept de « khosr » (perte) n’est pas synonyme de la seule perte terrestre, mais surtout par rapport à l’au-delà. Cette vérité a été exprimée dans de nombreux versets du Coran.
Ainsi, dans cette sourate, le Coran déclare par l’absolu et l’affirmatif que l’Homme est certainement perdant, sa perte est aussi bien ici-bas que dans l’au-delà, SEULS ceux qui possèdent les quatre qualités précitées (la foi, les bonnes œuvres, s’encourager les uns les autres à la vérité, s’encourager les uns les autres à la patience) sont préservés du péril et sont à l’abri de toute perte, ceux là sont, en effet, gagnants aussi bien sur terre que dans l’au-delà.
Dans un précédant article je me suis donné à la tache de montrer la grandeur et l’importance de sourate Al-Asr, tant sur les plan de l’éloquence que du message qu’elle contient. Aujourd’hui je vais poursuivre avec un peu de tafsir (exégèse)..
Verset 1: Par le Temps!
Un serment par le temps, avec tout ce qu’il a contenu, contient et contiendra d’événements, d’enseignements, de leçons,… relayés par les mots et l’expérience.
Ibn Abbas a dit : « Al-Asr, c’est le « dahr » (longue durée temporelle, temps, siècle, âge, éternité,…) et Dieu a juré par Al-Asr pour ce qu’il contient des enseignements ». Tandis que Qatada, dit que Al-Asr, sont les deux dernières heures de la journée, et Dieu a juré par Al-Asr comme il a juré par le « doha » pour les signes des pouvoirs de Dieu qu’ils contiennent. « .
Al Qurtubi a dit que Dieu a juré par Al-Asr pour montrer qu’Il a parfaitement réalisé la gouverne de la Vie. D’autres ont dit que Dieu a juré par la prière d’Al-Asr parce que, selon eux, c’est la plus importante des prières.
Ar-Razia dit : « J’ai compris le sens de sourate Al-Asr grâce à un vendeur de glace, qui crierait aux gens dans un marché : « Ayez pitié de celui dont les biens fondent pour toujours ! ». L’entendant, je me suis dit : « C’est cela donc le sens de Wal- ‘asr-i innal-insana la-fi khusr. » Le temps donné à chacun de nous passe rapidement comme la fonte de la glace; s’il est gaspillé, ou dépensé dans de mauvaises activités, il sera une grande perte pour l’homme.
Le mot temps pour Maudoudi est utilisé pour le passé, le futur et pour le temps qui passe au fur et à mesure, il ne signifie donc pas une longue étendue de temps. Chaque instant qui passe, devient une partie du passé, et chaque moment du futur, quand il se déroule, devient présent, et une fois terminé il fait à son tour parti du passé. Ici, puisque le serment a été fait dans l’absolu les trois sortes de temps sont inclus dans la signification.
Dieu jure par le temps, tout le temps, que l’homme est perdant. Parce qu’il préfère la vie terrestre, limitée dans le temps, à la vie éternelle de l’au-delà et est occupé par ses passions et ses envies.
Dieu a juré par le temps, parce que sa voie est éternelle et intemporelle. Elle est indépendante du temps comme du lieu d’ailleurs… Elle est universelle.
Allah a juré par le temps parce que chaque instant qui passe diminue l’âge de l’univers, de la terre, des personne et de la vie toute entière, mais il n’est jamais trop tard pour se ressaisir.
Ce serment par le temps a été fait pour accentuer le fait que l’être humain court, à chaque instant de sa vie, vers sa perte et que seuls ceux qui sont caractérisés par ces quatre qualités seront sauvés :
la foi;
les bonnes œuvres;
s’encourager les uns les autres à la vérité;
s’encourager les uns les autres à la patience.
Sourate Al-Asr, vient rappeler aux gens leur énorme perte lorsqu’ils gaspillent le temps, qui leur est imparti, sans que les obligations principales de leur vie ne soient accomplies, car le temps est le capital humain dont la perte ne peut être compensée.
Le terme Al-Asr (littéralement : temps, saison, déclin du jour, après-midi, fin d’un cycle, âge, siècle, époque, ère,…) est un rappel absolu à toutes personnes, tous ages confondus, mais avec une mention spéciale pour les plus âgées d’entre elles. En effet, après avoir vécu les premières décennies de leurs vies, la plupart des gens ne réalisent pas rapidement, et beaucoup ne réalisent jamais, qu’une partie de leur vie vient de partir furtivement et rapidement tandis que les principaux buts de cette dernière ont été négligés, carles objectifs de la vie, ne consistent certainement pas à assouvir les désirs terrestres, ni même à mener une vie calme, tranquille et paisible.
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Sourate Al-Asr (n° 103) une sourate mecquoise, dont le nom est tiré de son premier verset, elle est descendue dans le but de donner un sens à la vie humaine et en établissant, de façon claire, ce qui rend l’être humain heureux ou malheureux et de ce qui lui apportera de la réussite comme de que ce qui le conduira à sa perte.
Bien que certains commentateurs la considèrent comme étant une sourate médinoise, la majorité d’entre eux estiment qu’elle est mecquoise; les thèmes de la sourate confirme cette idée, quand le message de l’islam était présenté brièvement, avec des formulations hautement impressionnantes.
Cette sourate a probablement été révélée pendant la 3ème année de la prophétie, quand l’atmosphère à la Mecque était autoritaire, oligarchique et/ou ploutocratique. Où les riches, peu nombreux, avaient hérité de la puissance, et que leur suprématie économique était dominante. En plus, la société était fortement irréligieuse, et n’importe quelle bigoterie était dictée et déterminée principalement par quelques gens fortunés. Le Coran vise, à travers de nombreuses sourates, ce type de sociétés et dénonce leurs penchants pour certaines idéologies qui n’ont aucunes valeurs durables, fournissant ainsi des enseignements moraux et spirituels aux générations futures.
Al-Asr signifie littéralement le temps (ce mot a d’autres significations en relation avec le temps). Dans la trentième Jouz‘ (partie) du Coran, quatre autres sourates ont des titres en rapport avec diverses parties du jour : Fajr (Aube) [n° 89], Al-Layl (Nuit) [n° 92], Duhâ (Midi) [n° 93] et Falaq (Aube naissante) [n° 113]. Dans chacune de ces sourates, les périodes du jour sont employées pour créer un prélude solennel au thème qui va suivre.
Excepté la sourate Falaq, le reste de ces sourates commencent par le waw al-qasam (formule de serment) qui assume un rôle rhétorique prévu pour attirer autant l’attention de l’auditeur que celui du lecteur, pour les sensibiliser de façon solennelle à la croyance et à la vérité des paroles qui vont suivre. Cette manière de prononcer un serment dans les versets d’introduction d’une sourate donne un effet saisissant dès le début de la sourate ce qui n’aurait pas pu être produit en utilisant une formulation traditionnelle.
Cette sourate est un exemple inégalable de profondeur et de concision. Un univers de sens, qui serait trop vaste pour être totalement rendu dans un livre entier, a été saisi par les mots peu nombreux de cette sourate.
l’imam Châfi’î a dit : « Si Dieu Le Très Haut n’avait révélé à ses créatures, comme argument, que cette sourate, elle leur aurait suffit.«
Pour connaitre l’importance de cette sourate aux yeux des compagnons, du prophète (pbsl), il suffit d’observer la tradition citée par Abdullah ibn Hisn ad-Darimi Abu Madinah, selon qui, à chaque fois que deux d’entre eux se rencontraient, ils ne se quittaient pas avant s’être récités mutuellement la sourate Al-Asr. (reporté par Attabarani)
Explication au mot par mot
En phonétique
En arabe
Traduction en français
Versets
Wal l’asri
والعصر
Par le temps (ère, age, après-midi, longue période de temps,…) (C’est un serment fait) par le temps
Verset 1
Inna l inssana
ان الانسان
Certes l’Homme Dans le Coran, lorsqu’Allah fait un serment, on cherche la réponse à ce serment (jawab al qassam), en français, on appelle cela l’apodose du serment, ici c’est l’homme.
Verset 2
Lafi khoussrin
لفى خسر
Est en perdition En faiblesse et en danger…
Verset 2
Illa l’ladhina amanou
إلا الذين
A l’exception de ceux qui ont la foi
Verset 3
Wa amilou assalihati
وعملوا الصلحات
et accomplissent les bonnes œuvres
Verset 3
Wa tawasso bil haqqi
وتواصوا بالحق
se recommandent mutuellement la vérité Le bien tout entier : dogme et actes à accomplir
Verset 3
Wa tawasso bis-sabr
وتواصوا بالصبر
et se recommande mutuellement l’endurance S’éloignent des désobéissances et font preuves d’endurance dans les épreuves.
Verset 3
Al Balagha (Éléments d’éloquence linguistique)
« Lafi« : traduit en français à l’aide du mot certes, sert à intensifier la phrase pour signifier que c’est assurément une énorme perte.
« Itnab« ou répétition le même verbe pour appuiyer un sens : en répétant tawassaw deux fois.
« Al haqq« (la vérité, le droit, le juste, l’un des noms d’Allah,…) englobe tout les bons vertus de l’humain y compris le « sabr« (la patience, endurance,…), mais Dieu a quand même cité le « sabr » pour le distinguer comme si lorsqu’on veut distinguer un cas particulier d’entre un groupe de communs.
« Assaj’aa » ou la rime de la fin des versets : asr, khosr, sabr…
Dieu dans l’islam est avant tout Créateur. C’est le tout premier thème abordé dans le Coran, dès la sourate 96 [1], la première sourate révélée, en 610, alors que le Prophète était âgé de 40 ans.
Devant Dieu l’homme est donc avant tout créature ; Dieu est Créateur des cieux et de la terre, mais il est aussi notre propre créateur, car c’est Dieu qui a donné procuration à nos parents pour nous engendrer, et qui nous donne souffle de vie à chaque instant de notre existence. C’est Lui aussi qui nous retirera ce souffle, quand Il le voudra bien , mettant ainsi fin à notre séjour ici-bas.
Dieu a créé les cieux et la terre, et l’homme ne peut qu’être stupéfait devant la beauté de l’ouvrage : admirer la magnifique régularité du ballet des astres, du soleil et de la lune, du retour de la pluie après la sècheresse, des plantes qui reprennent vie au printemps après avoir été brulées par les rayons ardents du soleil de l’été.
Devant tant de bonté et de beauté, l’homme ne peut que dire Allaho akbar( Dieu est plus grand), se mettre à genoux et se prosterner, cinq fois par jour ou plus. Mieux, chaque instant de sa vie sera adoration de Dieu, même dans les détails les plus intimes de la vie quotidienne. Son vêtement, l’ample djellaba, lui permettra de passer sans changer de tenue de ses activités quotidiennes à la purification de soi-même et à la louange de Dieu, la prière étant un tête-à-tête avec Dieuoù la créature et le Créateur se retrouvent dans leur intimité.
On dit alors en arabe aslama wajhahu « il a incliné sa tête en signe de soumission ».
Le Coran enseigne, du reste, que toute créature adore Dieu, chacune dans sa propre langue, que ce soit le bourdonnement d’une abeille, le parfum d’une fleur ou simplement par le lisân al-hâl, « le fait qu’elle soit ainsi et pas autrement ».
Le grand soufi Dhû n-Nûn al-Misrî (m. en 860) ne s’y est pas mépris, puisqu’il dit dans l’une de ses prières :
« Ô Dieu, je n’écoute jamais la voix d’un animal ou le bruissement d’un arbre, le murmure d’une source, ou le chant d’un oiseau, le souffle du vent, ou le grondement du tonnerre sans trouver qu’ils témoignent de Ton unicité et signalent qu’il n’y a personne d’autre comme Toi, Toi qui est Celui qui embrasse tout, l’Omniscient »
D’être adoré par sa créature est le premier droit de Dieu sur l’homme, selon le célèbre texte de la Sunna (Sahîh Al Boukharî, livre 97). Dans ce texte, il est dit que les droits de Dieu prévalent sur les droits de l’homme, et que le premier droit de Dieu sur l’homme est précisément d’être adoré par lui.
Dans l’œuvre divine, c’est bien Dieu qu’il convient d’adorer, et non son œuvre, ce qui serait le premier pas vers l’idôlatrie.
Le Coran (38,32) blâme Salomon qui aimait tellement ses juments qu’il avait oublié qu’elles n’étaient que de simples créatures de Dieu [2].
Les soufis de leur côté louent le célèbre geste de Rabî’a al-‘Adawiyya (morte en 801) qui fermait ses volets au printemps, sans contempler les fleurs de son jardin, et préférait se perdre dans la contemplation de Celui qui avait créé les fleurs et les pétales, de peur de s’éprendre de la beauté des fleurs plutôt que d’être éprise de leur Créateur.
L’homme, dit le Coran, est calife de Dieu sur terre. Donc, l’homme n’est pas Dieu, et il convient qu’il reste à sa place modeste de calife, c’est à dire étymologiquement de lieu-tenant de Dieu sur terre.
D’abord sa vie ne lui appartient pas. Elle appartient à Dieu. Ses biens ne lui appartiennent pas non plus, ils lui sont prêtés par son Créateur pour la durée de la vie et il devra rendre compte de l’usage qu’il en aura fait au Jugement Dernier. Faut-il le dire ? La planète ne lui appartient pas non plus, et l’homme devra rendre compte de sa gestion à son mandant, donc à Dieu.
Dieu est notre créateur et nous sommes sa créature.
En tant que notre créateur, Il nous suffit, et Il est notre seul indispensable. [Dieu ne suffit-Il point à son serviteur ?] (Coran 39 , 36)
C’est ce que dit aussi un hadith rapporté dans la Sunna, selon lequel le Prophète, invoquait ainsi Dieu dans la prière qu’il Lui adressait à chaque soir avant de se coucher : « Gloire soit à Dieu qui m’a donné à manger et à boire. Il est le seul indispensable. Il nous a donné un abri. Combien n’ont rien ni personne qui leur suffise, combien n’ont point d’abri ! » [3]
Tout ce qui est indispensable est en Lui, renchérit Bayhaqî (mort en 1066) , à Lui seul l’adoration est due, vers Lui seul doit aller le désir, de Lui seul vient l’espoir.
Notre vie ne nous appartient pas, mais appartient à Dieu.
L’homme n’est maitre d’aucun des biens auquel il doit la vie. Il n’est même pas maitre de son destin : car , à bien y regarder, Dieu dirige secrètement nos vies.
Jean-Claude VADET, dansLes idées morales de l’Islamdit fort justement
« En fait, pour qui cherche le fond des choses et ne s’arrête pas à une vue superficielle des évènements, il est fort possible qu’en certains cas du moins il n’y ait, sur la scène de ce monde, d’autre action que de Dieu et la toute-puissance dont sa nature, si élevée au-dessus de celle des hommes, est la détentrice. Dieu peut intervenir à son gré dans les actions des hommes ou se substituer à eux, sans que ces derniers sachent seulement qu’ils sont mus et gouvernés jusque dans les mouvements apparents de leur libre arbitre. «
Se reconnaître comme créature devant Dieu, c’est louer Dieu.
Mais louer Dieu, ce n’est pas seulement lui rendre un culte, mais se tourner vers autrui :
[La piété ne consiste pas à tourner vos visages vers l'Orient ou l'Occident. Mais la véritable piété, c'est celle de celui qui croit en Dieu, au Jour Dernier, aux anges, au Livre et aux prophètes, c'est celle de celui qui, pour l'amour de Dieu, donne de son bien à ses proches, aux orphelins, aux malheureux, aux voyageurs et aux mendiants, ou l'emploie pour racheter les captifs; c'est celle de celui qui accomplit la prière et s'acquitte de l'aumône; c'est celle de celui qui tient les engagements qu'il a contractés, de ceux qui sont constants dans l'adversité la souffrance et aux jours de détresse. Voilà les croyants sincères, voilà ceux qui craignent Dieu] (Coran 2 , 177)
Pour l’islam, la relation à Dieu ne peut être purement abstraite, elle a besoin de s’exprimer dans le vécu, dans le tissu de la vie quotidienne individuelle et de la cité, sinon elle risquerait d’être vidée de toute substance. La foi est un vécu individuel et social.
La Sunna est de la même veine.
Le premier hadith cité dans le « Livre de la Foi » [4] est fort normalement celui qui énumère les cinq piliers de l’islam, donc définit implicitement la foi comme acte, puisque les quatre derniers piliers de l’islam après la confession de foi (shahâda), sont des actes rituels: la prière, l’aumône légale, le pèlerinage et le jeûne de Ramadan.
Font aussi de la foi, disent les hadiths suivants:
la prière ( Boukhari 2.30), le jeûne du mois de Ramadan en vue de Dieu seul (2.20), la prière de la Nuit du Destin (2.25), les prières surérogatoires du mois de Ramadan (2.27), mais aussi :
la pudeur (2.2.1), suivre un convoi funèbre (2.35.1), éviter les combats entre les croyants (2.21) [6]
Cette solidarité entre les hommes, est provoquée par leur commune obéissance au Prophète .
Elle est exprimé par le terme arabe de walâya, qui provient d’une racine signifiant « être proche, être ami ».
C’est en quelque sorte l’Amitié qui lie Dieu à l’homme et l’homme à Dieu et les hommes entre eux et qui aboutit au pacte de solidarité entre tous les membres de la Communauté , et qui donne à la Communauté musulmane [5] sa cohésion devant Dieu, en tant que créatures de Dieu solidaires et conscientes qu’elles ne se suffisent pas à elles-mêmes, mais qu’elles doivent chaque instant de leur vie et chaque souffle de leur existence à Dieu, et à Dieu seul.
15 novembre 2007,Ralph Stehly, Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg
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Notes de la rédaction :
[1] Voici les premiers mots de la révélation divine à son messager : [Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume (plume pour écrire), a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas.] (Coran 96 , 1 à 5)
[2] C’est Salomon qui s’est blâmé lui même, après avoir raté sa prière d’avant couché du soleil : [Et à David Nous fîmes don de Salomon, - quel bon serviteur! Il était plein de repentir. Quand un après-midi, on lui présenta de magnifiques chevaux de course, il dit : “Oui, je me suis complu à aimer les biens (de ce monde) au point [d'oublier] le rappel de mon Seigneur jusqu’à ce que [le soleil] se soit caché derrière son voile. Ramenez-les moi.” Alors il se mit à leur masser les pattes et les cous] (Coran 38 , 30 à 33)
[3] Source manquante
[4] Le Sahîh d’al-Boukhârî fut le premier recueil de hadith composé avec une rigueur extrême et soumis à des critères d’authentification poussés. Il est reconnu valide à l’unanimité des doctrines et tendances musulmanes et constitue la première source de la Sounna du Prophète (pbsl).
[5] La communauté des musulmans est appelée Oumma.
[6] L’auteur s’est contenté de citer les actes de foi reportés par Al-Boukhari dans ce deuxième titre intitulé « de la foi ». Il en existe plus de 70 selon un hadith rapporté par Mouslim, la plus haute d’entre étant la confession de l’unicité d’Allah, la moins haute est de débarrasser la route de ce qui peut gêner les passants.
La voie du Seigneur est impénétrable.. Mais si! Elle est même à la portée de tous, à condition de mettre de l’esprit et du cœur dans sa quête.
Le coran incite les humains, tous les humains, à user des sens, dont Allah leur a fait don, pour se rendre compte de la vérité suprême, celle de l’existence du Tout-puissant, créateur de tout.
Ce noble livre invite les humains à méditer sur leur existence et mort, leur craintes et préoccupations, leur forces et faiblesses,… Pour en conclure la grandeur de Dieu et avouer sa supériorité aux humains.
Ses versets nous exhortent à observer tous les phénomènes de l’univers : naissance, mort, création, extinction, jour, nuit, terre, mer, air, ciel, étoiles, végétation, animaux,… A penser, réfléchir et analyser pour révéler l’équilibre parfait de la création et d’en déduire le magnificence et l’infaillibilité du Créateur.
Le coran nous recommande aussi de remémorer et d’étudier l’histoire des peuples et civilisations déchues ou disparus pour les comprendre et en prendre exemple, afin de ne pas perpétrer les même erreurs en agissant à l’encontre des lois divines préétablies.
En effet, notre séjour ici-bas n’a qu’un but ultime; celui de connaitre Allah et de l’adorer. Ceux qui réussissent à atteindre ce but, vivrons en paix ici-bas et demeurerons dans le bonheur éternel dans l’au-delà.
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Ci-après, je vous propose une liste, non exhaustive , de versets coraniques qui incitent aux efforts de réflexion.. Lisez et réfléchissez-y!
[En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l'alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d'intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant): "Notre Seigneur! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi! Garde-nous du châtiment du Feu. Seigneur! Quiconque Tu fais entrer dans le Feu, Tu le couvres vraiment d'ignominie. Et pour les injustes, il n'y a pas de secoureurs!] (Coran 3 , 190 et 191)
[O hommes! Une parabole vous est proposée, écoutez-la: "Ceux que vous invoquez en dehors d'Allah ne sauraient même pas créer une mouche, quand même ils s'uniraient pour cela. Et si la mouche les dépouillait de quelque chose, ils ne sauraient le lui reprendre. Le solliciteur et le sollicité sont (également) faibles!". Ils n'ont pas estimé Allah à sa juste valeur; Allah est certes Fort et Puissant. Allah choisit des messagers parmi les Anges et parmi les hommes. Allah est Audient et Clairvoyant.] (Coran 22 , 73 à 75)
[Nous leur montrerons Nos signes dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que c'est cela (le Coran), la vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute chose? Ils sont dans le doute, n'est-ce pas, au sujet de la rencontre de leur Seigneur? C'est Lui certes qui embrasse toute chose (par Sa science et Sa puissance).] (Coran 41 , 53 et 54)
[C'est Lui qui, du ciel, a fait descendre de l'eau qui vous sert de boisson et grâce à laquelle poussent des plantes dont vous nourrissez vos troupeaux. D'elle, Il fait pousser pour vous, les cultures, les oliviers, les palmiers, les vignes et aussi toutes sortes de fruits. Voilà bien là une preuve pour des gens qui réfléchissent. Pour vous, Il a assujetti la nuit et le jour; le soleil et la lune. Et à Son ordre sont assujetties les étoiles. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent. ] (Coran 16 , 10 à 12)
[N'ont-ils pas médité en eux-mêmes? Allah n'a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu'à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur. N'ont-ils pas parcouru la terre pour voir ce qu'il est advenu de ceux qui ont vécu avant eux? Ceux-là les surpassaient en puissance et avaient labouré et peuplé la terre bien plus qu'ils ne l'ont fait eux-mêmes. Leurs messagers leur vinrent avec des preuves évidentes. Ce n'est pas Allah qui leur fit du tort; mais ils se firent du tort à eux-mêmes.] (Coran 30 , 8 et 9)
[En effet, Nous les avions consolidés dans des positions que Nous ne vous avons pas données. Et Nous leur avions assigné une ouïe, des yeux et des cœurs, mais ni leur ouïe, ni leurs yeux, ni leurs cœurs ne leur ont profité en quoi que ce soit, parce qu'ils niaient les signes d'Allah. Et ce dont ils se moquaient les cerna. Nous avons assurément fait périr les cités autour de vous; et Nous avons diversifié les signes afin qu'ils reviennent (de leur mécréance).] (Coran 46 , 26 et 27)
[Et c'est Lui qui a étendu la terre et y a placé montagnes et fleuves. Et de chaque espèce de fruits Il y établit deux éléments de couple. Il fait que la nuit couvre le jour. Voilà bien là des preuves pour des gens qui réfléchissent. Et sur la terre il y a des parcelles voisines les unes des autres, des jardins (plantés) de vignes, et des céréales et des palmiers, en touffes ou espacés, arrosés de la même eau, cependant Nous rendons supérieurs les uns aux autres quant au gout. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent.] (Coran 13 , 3 et 4)
[Nous avons destiné beaucoup de djinns et d'hommes pour l'Enfer. Ils ont des cœurs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n'entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore. Tels sont les insouciants. C'est à Allah qu'appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses noms: ils seront rétribués pour ce qu'ils ont fait. Parmi ceux que Nous avons créés, il y a une communauté qui guide (les autres) selon la vérité et par celle-ci exerce la justice.] (Coran 7 , 179 à 180)
[Ne considèrent-ils donc pas les chameaux, comment ils ont été créés? et le ciel comment il est élevé? et les montagnes comment elles sont dressées? et la terre comment elle est nivelée? Eh bien, rappelle! Tu n'es qu'un rappeleur, et tu n'es pas un dominateur sur eux.] (Coran 88, 17 à 22)
[N'ont-ils donc pas observé le ciel au-dessus d'eux, comment Nous l'avons bâti et embelli; et comment il est sans fissures? Et la terre, Nous l'avons étendue et Nous y avons enfoncé fermement des montagnes et y avons fait pousser toutes sortes de magnifiques couples de (végétaux), à titre d'appel à la clairvoyance et un rappel pour tout serviteur repentant. Et Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie, avec laquelle Nous avons fait pousser des jardins et le grain qu'on moissonne, ainsi que les hauts palmiers aux régimes superposés, comme subsistance pour les serviteurs. Et par elle (l'eau) Nous avons redonné la vie à une contrée morte. Ainsi se fera la résurrection.] (Coran 50 , 6 à 11)
[Nous n'avons pas créé le ciel et la terre et ce qui existe entre eux en vain. C'est ce que pensent ceux qui ont mécru. Malheur à ceux qui ont mécru pour le feu (qui les attend)! Traiterons-Nous ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres comme ceux qui commettent du désordre sur terre? ou traiterons-Nous les pieux comme les pervers? (Voici) un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu'ils méditent sur ses versets et que les doués d'intelligence réfléchissent!] (Coran 38 , 27 à 29)
[Nous n'avons envoyé avant toi que des hommes originaires des cités, à qui Nous avons fait des révélations. (Ces gens là) n'ont-ils pas parcouru la terre et considéré quelle fut la fin de ceux qui ont vécu avant eux? La demeure de l'au-delà est assurément meilleure pour ceux qui craignent (Allah). Ne raisonnerez-vous donc pas? Quand les messagers faillirent perdre espoir (et que leurs adeptes) eurent pensé qu'ils étaient dupés voilà que vint à eux Notre secours. Et furent sauvés ceux que Nous voulûmes. Mais Notre rigueur ne saurait être détournée des gens criminels. Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d'intelligence. Ce n'est point là un récit fabriqué. C'est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient] (Coran 12, 109 et 111)
[Combien avons-Nous fait périr, avant eux, de générations bien plus fortes qu'eux. Ils avaient parcouru les contrées, cherchant (vainement) où fuir.Il y a bien là un rappel pour quiconque a un cœur, prête l'oreille tout en étant témoin. ] (Coran 50 , 36 et 37)
[Ne vois-tu pas qu'Allah fait descendre du ciel de l'eau, puis Il l'achemine vers des sources dans la terre; ensuite avec cela, Il fait sortir une culture aux couleurs diverses, laquelle se fane ensuite, de sorte que tu la vois jaunie; ensuite, Il la réduit en miettes. C'est là certainement un rappel aux (gens) doués d'intelligence. Est-ce que celui dont Allah ouvre la poitrine à l'Islam et qui détient ainsi une lumière venant de Son Seigneur... Malheur donc à ceux dont les cœurs sont endurcis contre le rappel d'Allah. Ceux-là sont dans un égarement évident.] (Coran 39 , 21 et 22)
[Dis: "Parcourez la terre et voyez comment Il a commencé la création. Puis comment Allah crée la génération ultime. Car Allah est Omnipotent".] (Coran 29 , 20)
Les deux témoignages (Achahadatayne) : « Nulle divinité sauf Allah & Mohammad est le Messager d’Allah » sont la clé de l’Islam. En effet, l’entrée dans l’Islam n’est possible que par le biais de ces deux attestations.
1. Nulle divinité sauf Allah :
L’attestation que « nulle divinité sauf Allah » (Lâ ilâha illa lâh) est la reconnaissance de l’homme, par la parole et le cœur, que nul n’est adoré sauf Allah. En arabe le mot « ilâha » a la signification d’adoré « ma’louh ». Et de ce mot on ressort « ta’alouh » qui signifie « adoration ».
Ainsi le sens de ce témoignage est : nul adoré sauf Allah Seul.
De plus, cette phrase se compose d’une négation et d’une affirmation : la négation se trouve dans « nulle divinité » et l’affirmation dans « sauf Allah ».
Il y a, dans cette phrase, un sous-entendu implicite, qui est la reconnaissance par la langue après la croyance par le cœur que nul ne mérite (en vérité) d’être adoré en dehors d’Allah Seul. Ceci implique, non seulement, un culte pur voué à Allah uniquement, mais aussi, l’annulation de toute adoration vouée à autre que Lui.
Ainsi, par notre sous-entendu implicite qui est « ne mérite » s’éclaircit la réponse à l’ambigüité prononcée par plusieurs personnes qui est : comment pouvez-vous dire «nulle divinité sauf Allah», alors qu’il existe d’autres divinités qui sont adorées en dehors d’Allah, qu’Allah a nommé divinités ainsi que leurs adorateurs ?
En effet, Allah (béni et exalté) a dit :
[…Leurs divinités, qu’ils invoquaient en dehors d’Allah, ne leur ont servi à rien, quand l’ordre (le châtiment) de ton Seigneur fut venu…](Coran 11, 101).
Et le Très-Haut a dit :
[N’assigne point à Allah d’autres divinités…] (Coran 17, 22).
Et le Très-Haut a dit :
[Et n’invoque nulle autre divinité avec Allah…] (Coran 28, 88)
Comment est-il possible d’affirmer «nulle divinité sauf Allah» tout en sachant que l’adoration est vouée pour autre qu’Allah ? De plus, comment peut-on affirmer que l’adoration est vouée à autre qu’Allah alors que tous les Prophètes ont dit à leurs peuples :
[…Adorez Allah. Pour vous, pas de divinité à part Lui…] (Coran 7, 59). La réponse à cette ambigüité apparait lorsque nous sous-entendons «ne mérite en toute vérité d’être adoré» dans notre formulation «Nulle divinité sauf Allah».
Nous répondons alors : Ces divinités, qui sont adorées en dehors d’Allah, sont de fausses divinités qui ne possèdent rien des droits divins, et la preuve à cela est la Parole d’Allah, le Vrai, qu’Il soit glorifié :
[Il en est ainsi parce qu’Allah est Lui le Vrai, alors que tout ce qu’ils invoquent en dehors de Lui est le faux, et qu’Allah est le Haut, le Grand.] (Coran 31, 30).
Et aussi Sa parole (qu’Il soit glorifié) :
[Avez-vous vu (les divinités), Lât et ‘Ouzzâ ainsi que Manât [1], cette troisième autre ? Sera-ce à vous le garçon et à Lui la fille ? Que voilà donc un partage injuste ! Ce ne sont que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres. Allah n’a fait descendre aucune preuve à leur sujet.] (Coran 53, 19 à 23).
Et aussi Sa parole selon le prophète Youssouf (Joseph):
[Vous n’adorez, en dehors de Lui, que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres. Allah n’a fait descendre aucune preuve à leurs sujets…] (Coran 12, 40)
En conclusion, la signification de « Nulle divinité sauf Allah » est « nul ne mérite d’être adoré en vérité sauf Allah ».
Quant aux divinités autres que Lui parmi les messagers, les anges, les saints, les pierres, les arbres, le soleil ou la lune (etc.) ; leur caractère divin prétendu par leurs adorateurs n’est que fausseté et en aucun cas une vérité. La seule divinité digne d’adoration est Allah, Gloire à Lui.
2. Mohammad est le Messager d’Allah :
Ensuite, la témoignage que Mohammad (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) est le Messager d’Allah (Mohammad-rassoulou-llâh) est la reconnaissance par la parole et la croyance par le cœur que Mohammad Ibn Abdillâh El-Hâchimy El-Qorachy est le Messager d’Allah (pssl) pour l’ensemble de la création, qu’ils soient djinns ou humains.
Allah le Très-Haut a dit :
[Dis : « Ô hommes ! Je suis, pour vous tous, le Messager d’Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie et Il donne la mort. Croyez donc en Allah, en Son Messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles. Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés ».] (Coran 7, 158).
Et a dit aussi :
[Qu’on exalte la bénédiction de Celui qui a fait descendre le livre de discernement sur Son serviteur, afin qu’il soit un avertisseur à l’univers.] (Coran 25, 1).
Parmi les exigences de ce témoignage c’est de ne pas croire que le Messager d’Allah (pssl) a un droit à la Seigneurie, à l’organisation de l’univers ou un droit à l’adoration. Ce Messager (pssl) est, plutôt, un serviteur que l’on ne doit pas adorer et un Messager que l’on ne doit pas démentir. Aussi, parmi ces exigences, nous devons croire qu’il (pssl) ne possède pour lui-même ou pour autrui aucun bienfait, ni aucune nuisance à part ce qu’Allah aura voulu. Comme Allah dit :
[Dis-(leur) : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé. »…] (Coran 6, 50).
C’est, donc un serviteur, qu’Allah commande, qui suit uniquement, ce qui lui a été ordonné de faire.
Le Très-haut a également dit :
[ Dis: "Je ne possède aucun moyen pour vous faire du mal, ni pour vous mettre sur le chemin droit". Dis: "Vraiment, personne ne saura me protéger contre Allah; et jamais je ne trouverai de refuge en dehors de Lui.] (Coran 72, 21 à 22)
Le Très-Haut a aussi dit :
[Dis : « Je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage, sauf ce qu’Allah veut. Et si je connaissais l’Inconnaissable, j’aurais eu des biens en abondance, et aucun mal ne m’aurait touché. Je ne suis, pour les gens qui croient, qu’un avertisseur et un annonciateur ».] (Coran 7, 188).
Conclusion :
Voici, donc, le sens du témoignage « nulle divinité excepté Allah, et Mohammad est le Messager d’Allah ».
Et par ce sens, tu sais que ni le prophète (pssl) ou autre créature ne sont en droit d’être adorés car l’adoration n’est qu’à Allah seul :
« Dis: « En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. À Lui nul associé! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. » (Coran 6, 162 à 163)
Et que le droit du prophète (pssl) de lui donner comme place celle qu’Allah lui a donné, celle de serviteur et de messager d’Allah et que la prière et le salut d’Allah soient sur lui.
Extrait d’une fatwa du cheikh Ibn Otheimine, de son livre « Les piliers de l’islam »
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[1] Lât, ’Ouzzâ et Manâtsont des idoles adorées par les arabes