Archives de la catégorie ‘Coran’

Le Coran est-il une imposture?

Mardi, 19 janvier 2010 |

En tout cas, ce serait l’avis du dénommé Abdullah Ibn Saâd Ibn Abi Sarh, après avoir regagné la Mecque fuyant Médine.

Il aurait dit à ses amis : « C’est moi qui dirigeais Mohammad là où je voulais. Il me dictait «Tout-Puissant et Sage» et moi j’écrivais  «Omniscient et Sage». Alors, il disait: «Oui, c’est tout au même». »

Il aurait dit aussi : « Il (Mohammad) me disait «Écris tel ou tel (parlant du Coran)», moi je lui suggérais autre chose et il me disait: «Écris ce que tu veux!» » [1]

Qui est-ce donc Ibn Sarh?

Et comment a-t-il pu accuser Mohammad d’imposture?

Pour comprendre le fin mot de l’histoire, nous allons retourner un peu en arrière…

Adbdullah Ibn Abi Sarh est un Quraychite qui s’est converti à l’islam et a immigré au Prophète (ç) (ie à Médine). Il est devenu par la suite l’un des compagnons du Prophète (ç) et a gagné sa confiance jusqu’à devenir l’un des scribes de la révélation, puisque le Messager d’Allah ne pouvait transcrire le Coran lui-même.

Un jour le Prophète (ç) a sollicité les services de son scribe Ibn Abi Sarh pour transcrire les premiers versets de sourate Al-Mo’minin (les fidèles), ainsi Mohammad dictait :

[Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en fîmes une Notfa (goutte) dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait de la Notfa une Âlaqa (adhérence); et de la Âlaqa Nous avons créé une Modgha (embryon); puis de cette Modgha Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l'avons transformé en une tout autre créature.] (Coran 23, 12-14)

A ce moment, Ibn Abi Sarh emporté par l’émerveillement s’exclama :

[Gloire à Allah le Meilleur des créateurs !] (Coran 23, 14)

Le Prophète (ç) s’écria : « c’est exactement comme cela qu’il m’a été révélé! » [2]

Probablement c’est à ce moment-là que notre scribe fut pris de doute, je l’imagine se disant : « si ce que je viens de prononcer est du Coran alors,  moi aussi je peux entendre la révélation divine, sinon, le Coran même ne serait que l’invention pure et simple de Mohammad (ç) et je peux en écrire pareil ».

Par la suite, il a apostasié, retourné à La Mecque et a commencé à lancer ses calomnies. (début de l’histoire)

A son sujet, Allah dit dans le Coran : [3]

[Et quel pire injuste que celui qui fabrique un mensonge contre Allah ou qui dit : "Révélation m'a été faite", quand rien ne lui a été révélé. De même celui qui dit : "Je vais faire descendre quelque chose de semblable à ce qu'Allah a fait descendre."] (Coran 6, 93)

Lorsque la Mecque fut conquise, le Prophète (ç) ordonne son exécution en châtiment de son crime, mais son frère de lait Othmane (le troisième calife de l’islam) lui a obtenu grâce auprès de Mohammad (ç). Il s’est donc reconverti à l’Islam et devenu l’un de ses grands hommes.

Ce personnage est décrit dans la littérature islamophobe comme étant le « génie » qui a démasqué le mensonge de la révélation coranique. Or, comment expliquer son repenti et retour à l’Islam demandant grâce et pardon? Comment expliquer le fait qu’il est seul à lancer ces accusations alors qu’il aurait pu prendre le Prophète sur le fait et devant des témoins?

Notant par l’occasion que la phrase qu’il vient de compléter, par pure coïncidence, s’inscrit dans un certain cheminement linguistique courant dans le Coran et serait assez « logique à deviner » pour lui, qui est habité à transcrire la révélation. Par conséquent je prône l’avis d’un excès de zèle qui aurait saisi l’homme suite à la lourde responsabilité qui lui incombait et qui s’est soldé, à la fin, par le remord et le repenti. D’ailleurs, plusieurs sources historiques, notamment At’Tabari, rapportent qu’il s’est reconverti à l’Islam bien avant la conquête de la Mecque, donc bien avant qu’il ne soit menacé de mort.

Maxime Rodinson, dans sa bibliographie « Mahomet« , raisonne que cela ne fait pas nécessairement de Mohammad un imposteur : peut-être s’est-il (Ibn Abi Sarh) dupé lui-même ; « le succès enfin venu, il se défiait sans doute moins de la Voix, qui de notre point de vue n’était que celle de son inconscient.« 

  • [1] « As’Sira Al-alfia » de son auteur Al-Iraqi
  • [2] « Usoud Al-ghaba fî Ma’rifat As’Sahaba » de son auteur Ibn al-Athîr
  • [3] Voir, par exemple, le Tafsir (exégèse) d’Ibn Al-Jawzi

Nous qui avons fait descendre le Coran et c’est Nous qui en sommes gardien

Mercredi, 23 décembre 2009 |

moshaf

Dés le début de la révélation, l’énergie du Prophète (ç) et de ses compagnons était dirigée vers la mémorisation du Coran et sa collection dans les cœurs et les poitrines des fidèles.

En effet, les musulmans s’attachèrent à sa récitation pendant les prières prescrites et lors des prières surérogatoires nocturnes, au cours de leur voyages et quand ils se fixaient, de jour comme de nuit. Il y avait une armée de mémorisateurs ; des masses de musulmans qui récitaient le Coran au cœur de la nuit et à tous les moments de la journée.

Le prophète (ç) les encourageait en leur disant :

[Les meilleurs d'entre vous sont ceux qui ont appris le Coran et l'ont enseigné aux autres ]

et..

[Celui qui récite le Coran avec habileté sera du rang des anges nobles. Celui qui récite le Coran en balbutiant et avec peine sera doublement rétribué]

(Hadiths rapportés par Al-Boukhari)

Néanmoins, leur attachement à sa mémorisation et à sa récitation ne les détourna pas de son inscription ni de sa consignation qui furent à la hauteur des instruments d’écriture et des moyens disponibles de leur temps.

Ainsi, le Messager d’Allah (ne sachant pas écrire lui même) engagea-t-il des scribes pour consigner la révélation. Certains étaient intérimaires et d’autres étaient consacrés à cette activité. Chaque fois qu’un passage du Coran était révélé, le Prophète leur ordonnait de l’inscrire tellement il veillait à son inscription et à sa consignation et par supplément de précaution et d’attention envers le Livre de Dieu — Exalté soit-Il — afin que l’inscription appuie la mémorisation et que l’écrit corrobore le verbe.

Ces scribes étaient parmi l’élite des Compagnons. On comptait parmi eux : Abû Bakr, Omar, Uthmân, Muâwiyah, Abân Ibn Saîd, Khâlid Ibn Al-Walîd, Ubayy Ibn Kaâb, Zayd Ibn Thâbit, Abdollah Ibn Saad Ibn Abi Sarh et d’autres.

Le Prophète  leur indiquait l’emplacement du passage dans sa sourate respective. Alors ils l’y inscrivaient sur les supports disponibles que ce soit les feuilles de palmiers, les pierres plates, les peaux, les feuillets, les omoplates et les côtes. Puis, l’écrit était conservé dans le domicile du Messager d’Allah. Ainsi à la mort du prophète (ç) le Coran était-il compilé, non pas dans un livre relié, mais dispersé dans les différents supports sus-mentionnés.

On rapporte qu’Ibn `Abbâs dit : « Lorsqu’une sourate était révélée, le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — faisait venir quelque scribe et disait : placez cette sourate à l’endroit où l’on dit telle et telle chose.« 

On rapporte que Zayd Ibn Thâbit dit : « Nous avions pour habitude de colliger le Coran à partir des feuillets chez le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui« . Colliger le Coran à partir des feuillets c’est le fait de mettre chaque verset dans l’ordre dans la sourate correspondante sur les consignes du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui. Cet ordre était arrêté par Gabriel — paix sur lui. En effet, on rapporte que Gabriel — paix sur lui — disait : « mettez tel verset à tel emplacement« . Sans aucun doute, Gabriel ne s’exprimait dans ce domaine que sur les ordres d’Allah — Glorifié soit-Il — car il est le dépositaire de la révélation céleste.

Source : islamophile.org

ZEKR, un logiciel libre pour étudier le Coran

Dimanche, 13 décembre 2009 |

zekr

Zekr Qur’an (ذِكر) est un logiciel libre et open source pour l’étude du saint Coran.

Certes, en cours de développement, néanmoins je viens de tester sa version 0.7.5 bêta 2 sous Ubuntu et sous Windows, et je peux vous dire qu’elle est parfaitement fonctionnelle.

Zekr (que j’aurais plutôt écrit « Dhikr ») est un outil presque complet, vous pouvez donc l’utiliser pour lire les versets coraniques en arabe ou en phonétique, écouter des récitations on-line et aussi off-line, avoir des traductions en une vingtaine de langues différentes, faire des recherches textuelles,…

Ce logiciel multi-plateforme est facile à utiliser, il est disponible en téléchargement  pour Linux (son environnement maternel),  Windoz et  Mac-OS

Rappelez-vous que Zekr Qur’an est toujours en cours de développement, alors si vous pensez pouvoir aider à le rendre meilleur, soit par vos talents de programmateur, de traducteur, d’épigraphiste, bêta-testeur,… ou par de simples suggestions, n’hésitez pas à vous manifester via son site web

Ainsi commença la révélation du Coran

Mercredi, 21 octobre 2009 |

la grotte de hira

Aïcha, la mère des Croyants, a dit :

« La Révélation débuta chez le Prophète par de pieuses visions qu’il avait pendant son sommeil. Toutes lui parurent avec une clarté semblable à celle de l’aurore. Plus tard, il se prit à aimer la retraite. Il se retirait alors dans la caverne de Hirâ, où il se livra au tahannouts, c’est-à-dire à la pratique d’actes d’adoration durant un certain nombre de nuits consécutives, sans qu’il revînt chez lui ; aussi se munissait-il à cet effet de provisions de bouche. Ensuite il revenait vers Khadîja et prenait les provisions nécessaires pour une nouvelle retraite. Cela dura jusqu’à ce que la Vérité lui fut enfin apportée dans cette caverne de Hirâ.

L’archange vint alors le trouver et lui dit : « Lis ! Je ne suis point de ceux qui lisent », répondit-il. L’ange me saisit aussitôt, raconta le Prophète  et me pressa au point de me faire perdre toute force et me répéta : « Lis ! – Je ne suis point de ceux « qui lisent, » répliquai-je encore. Pour la troisième fois l’ange me saisit, me pressa au point de m’enlever toute force, puis me lâcha en disant : [Lis! au nom de ton Seigneur qui a créé. Créé l'homme d'une adhérence. Lis! et ton Seigneur est le très généreux qui a enseigné par la plume (Al-Qalam), a enseigné à l'homme ce qu'il ignorait] » (Coran  96, 1 à 5)

En possession de ces versets, le cœur tout palpitant, le Prophète rentra chez Khadîdja et s’écria : « Enveloppez-moi ! « Enveloppez-moi ! » On s’empressa de le tenir enveloppé jusqu’au moment où son effroi fut dissipé. Alors, s’adressant à Khadîdja, il la mit au courant de ce qui s’était passé, puis il ajouta : « Ah ! j’ai cru que j’en allais mourir! – Non pas! répondit Khadîdja. Jamais Dieu ne t’infligera d’affronts ; car tu es uni avec tes proches, tu ne dis que la vérité, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu viens en aide aux éprouvés ».

Ensuite Khadîdja emmena Mohammed (pbAsl) chez Waraqa Ibn Naufal. Cet homme, qui était le cousin paternel de Khadîdja, avait embrassé le christianisme. Il savait l’arabe par écrit, et avait traduit vers l’arabe des passages de l’Évangile autant qu’Allah avait voulu. A cette époque il était âgé et était devenu aveugle : « Ô mon cousin, lui dit Khadîdja, écoute ce que va te dire le fils de ton frère. – Ô fils de mon frère, répondit Waraqa, de quoi s’agit-il ? » Le Prophète raconta alors ce qu’il avait vu. « Cet ange, dit Waraqa, c’est le Confident que Dieu a envoyé autrefois à Moïse. Plût à Dieu que je fusse jeune en ce moment ! Ah ! que je voudrais être encore vivant à l’époque où tes concitoyens te banniront ! -Ils me chasseront donc??? s’écria le Prophète – Oui, reprit Waraqa. Jamais un homme n’a apporté ce que tu apportes sans être persécuté ! Si je vis encore ce jour-là, je t’aiderai de toutes mes forces. » Après cela Waraqa ne tarda pas à mourir, et la Révélation fut interrompue. »

A propos de cette interruption, Jabir Ibn Abdellah Al-Ansari raconte:

« Tandis que je marchais, dit le Prophète, j’entendis une voix qui venait du ciel. Levant alors les yeux, j’aperçus l’ange qui était venu me trouver à Hirâ ; il était assis sur un trône entre le ciel et la terre. Effrayé à cette vue, je rentrai chez moi en criant : « Enveloppez-moi ! enveloppez-moi ! » Alors Dieu me révéla ces versets : [O, toi (Mohammad)! Le revêtu d'un manteau! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi.] (Coran 74, 1 à 5). Après cela la Révélation reprit avec ardeur et continua sans interruption. »

Récits rapportés par Muslim

L’exégèse du Coran par l’opinion et l’effort intellectuel

Mardi, 17 mars 2009 |

coran-karim

Étant donné que les arguments de ceux qui interdisent l’exégèse (Tafsir) par l’opinion ne résistent pas à l’examen critique, le chercheur équitable conclut à la légitimité du tafsîr selon l’opinion posée et lucide et l’effort intellectuel de celui qui en a les moyens, à savoir la connaissance parfaite de la langue arabe, des fondements de la religion islamique, les sciences du coran, de la sunna,…

Par ailleurs, si nous n’interprétions pas le Coran par l’effort intellectuel, nous viderions de son sens l’invitation à la méditation du Coran et à la réflexion que Dieu nous a faite dans plusieurs versets. Nous nous priverions de nombreux commandements éthiques et de sciences diverses que renferme le Noble Livre et qui continuent à se dévoiler tous les jours dans le Livre de Dieu.

Il n’y a nul doute que les narrations authentiques et établies transmises du Prophète – que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui – en matière de tafsîr sont peu nombreuses comparées aux passages à propos desquels rien ne nous fut transmis de sa part. De même, les narrations des Compagnons et Successeurs ne couvrent pas tous les versets du Noble Livre sans oublier les narrations faibles, controuvées et les isrâ’îliyyât (mythes israélites), ce qui représente beaucoup et notamment relativement aux versets décrivant la nature, domaine où la science progresse au fil des âges.

L’invalidité des interprétations fournies pour ces versets est devenue flagrante et nécessite l’ouverture de la voie de l’ijtihâd (effort intellectuel) dans le domaine du tafsîr du Noble Coran. Sinon, on aurait du mal à comprendre une partie non négligeable des versets du Noble Coran et on ignorerait ce qu’il faut entendre par ces versets. Or, ceci contredit sa vocation de Livre de la Grande Guidance et de Guide Suprême de l’humanité au fil des âges, et sa qualité de Miracle Grandiose et de miracle permanent du Sceau des Prophètes et des Messagers de tous les temps.

Le blâmable et le louable dans l’exégèse par l’opinion

Ce qu’il faut retenir c’est que l’exégèse du Coran par l’opinion et par l’ijtihâd est de deux sortes :

  1. L’exégèse récusée et rejetée consiste à interpréter le Coran sans avoir les qualifications pré-requises, ou l’interprétation selon la passion et le gout personnel, ou l’interprétation visant à soutenir un mauvais madhhab (école de jurisprudence ) et une opinion erronée, ou l’exégèse de l’équivoque (mutashâbih) que seul Dieu connait, cette catégorie de tafsîr comprend souvent des narrations fausses et sans fondement;
  2. L’exégèse louable et approuvée est fondée sur une connaissance suffisante des règles linguistiques, juridiques et fondamentales : les fondements de la religion, les fondements du fiqh, la science des traditions et des hadîths. Elle ne contredit pas un texte authentique, ni une raison saine, ni une science certaine fermement établie tout en faisant tous les efforts possibles de recherche et de réflexion, poussant à l’extrême la recherche de la vérité et de l’opinion juste et le détachement de soi des passions et des préférences (istihsân) non étayées par des arguments et en observant Dieu soigneusement dans tout ce que l’on dit.
Extrait de « L’exégèse interprétative » – http://www.islamophile.org/

A Propos

Ici j'exprime mes reflexions, qui sont les reflexions de ce qui je suis et de tout ce qui m'entoure.. Plus

Souscrire?

  Souscrire dans un lecteur? Ou, souscrire via e-mail:
Entrez votre e-mail:   
Trouver :