Décidément, tout semble lui réussir.. Et dire qu’il y a tout juste deux ans, c’était un parfait inconnu
Chez nous (au Maroc) on dit qu’il a le Qobol (le charisme), acquis en utilisant de la magie noire, cependant!
Quelques jours seulement après avoir décrété l’envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan pour donner la « raclée finale » aux Talibans, Obama (Barack de son prénom) touche le Jakpot en recevant un prix pour la paix, et pas n’importe lequel.. le très prestigieux prix Nobel, s’il vous plait!
« Les outils de guerre ont un rôle à jouer pour préserver la paix« , a-t-il répondu aux nombreuses critiques contre sa consécration.
Cependant, et corrigez-moi si je me trompe, WAR (qui veut dire GUERRE dans la langue maternelle d’Obama) n’a rien en commun avec PEACE (inutile de dire ce que ça veut dire). Rien ne prête à confusion entre les deux termes. Par conséquent, celui qui fait la guerre ne fait absolument pas la paix et inutile de nous faire le coup de justifier l’un par l’autre, car cette veille ruse ne passe plus
Les organisateurs, eux, expliquent cette aberration en affirmant que M. Obama a reçu ce prix « pour son extraordinaire effort dans le renforcement de la diplomatie et la coopération entre les peuples« . Ils sont forts ces suédois dans le maniement du bois et de sa langue aussi!
Cela fait un bail que j’avais perdu espoir en ce 44ème président des USA, je savais qu’il n’est nullement différent de son prédécesseur, notamment sur la question de la paix au Moyen-Orient, et voilà que les choses se confirment peu à peu dans tous les autres volets : La prison « secrète » de Guantanamo est toujours fonctionnelle, l’Irak pleure chaque jour de nouvelles victimes, en Afghanistan c’est encore pire,… Quelqu’un pourrait-il me citer une seule réussite à lui accorder?
Allez.. C’est juste un autre faux espoir pour l’humanité, un de plus..
Après la récente interdiction de l’édification de nouveaux minarets en Suisse beaucoup de gens se posent la question de savoir si le minaret était indispensable à la mosquée. Retournons donc aux sources pour comprendre..
La mosquée du prophète (saw) [Al Masjid Annabawi] fut bâti juste après l’arrivée du prophète Mohammad (saw) à Al-Madina, appelée jadis Yathrib.
La bâtisse fut érigée en briques de terre, elle mesurait 35m de long et 30m de large soit une superficie de 1000 m² environ
Les murs faisaient 2m de hauteur et ne comportaient pas de fenêtres
Le toit, réalisé en feuilles de palmier, ne couvrait que la moitié de la mosquée
ET il n’y avait pas de minaret!
Lorsque Bilal (le mu’adhdhin qui faisait l’appel à la prière) voulait annoncer l’adhan (appel à la prière), il montait sur le toit de la mosquée ou sur le toit d’une maison voisine afin que sa voix puisse avoir plus d’élan.
Cette mosquée ne fut dotée de sa première Mi’dhana (minaret) que vers 88 à 91 de l’hégire, soit un peu moins d’un siècle après sa construction. Tandis que la première Mi’dhana de l’Islam fut probablement bâtie en Syrie vers l’an 50 de l’hégire.
La première fonction du minaret était de permettre que l’appel à la prière soit entendu le plus loin possible (Mi’dhana), ensuite elle a acquis d’autres rôles dont celui du poste de garde (Sawma’â), de phare (Manara) [origine très probable du mot "minaret"],…
De nos jours, les minarets ont perdu peu à peu leurs fonctions « pratiques » pour devenir symboliques et esthétiques.. Néanmoins, elles permettent de donner aux mosquées une identité les différenciant des constructions voisines, ainsi il suffit de lever la tête pour retrouver la mosquée!
En guise de conclusion, le minaret ne fait pas la mosquée quoi qu’il lui donne de l’identité et charme, ce qui fait la mosquée, plus que tout, sont les fidèles qui y prient 5 fois tous les jours.
De nos jours, parler de l’Iran vire de suite, soit vers les règlement de compte, soit vers l’éloge et la flatterie.
Personne ne sait vraiment ce qui se passe là-bas et chacun fait des événements la lecture qui arrange ses propres intérêts.. Il faut dire que l’embargo médiatique imposé par les autorités iraniennes n’arrange pas les choses.
Cet article rassemble un ensemble de constatations et de réflexions personnelles qui pourront éclairer la lanterne vers un débat impartial plus profond autour du sujet.
Préambule..
Je ne suis pas un expert de la politique persane, très particulière en son genre.. Je n’apprécie particulièrement pas les manières peu diplomatiques d’Ahmadi Najad même si je respecte ses choix politiques.. Je m’oppose farouchement au Chiisme qui, selon mes convictions religieuses, frôle quelques fois l’hérésie..
En revanche, j’admire le peuple Iranien qui a su se construire et s’imposer sur le devant de la scène internationale, 30 ans lui ont été suffisants pour lancer son propre satellite et produire de l’énergie nucléaire, tous deux faits maison.. Par ailleurs, l’Iran exerce actuellement une hégémonie géopolitique incontestable sur la région, il ne peut citer le Liban, la Syrie, Le golfe, l’Irak ou l’Afghanistan sans citer d’une façon ou d’une autres l’État persan.
Il en découle que la stabilité de ce pays est garante de la stabilité de tout l’édifice qui s’effondrerait comme un château de cartes si l’Iran venait de subir un séisme très secouant, chose que j’estime trop improbable pour le moment.
Crise de régime?
L’Iran est gouverné d’une manière unique au monde, ce n’est pas un péché en somme, mais l’unicité de ce système théocratique le rend assez incompréhensible pour le profane et, de ce pas, source de craintes de surcroit lorsqu’il est lié aux mots magiques : Islam et révolution.
Les iraniens ont voté massivement, pour moi, c’est d’abord un signe de grande maturité politique mais surtout de confiance en le système. L’Iran rappelant-le n’a jamais fait partie du club des faussaires traditionnels de résultats des scrutins.
En outre, Les quatre candidats aux élections présidentielles iraniennes sont tous des « fils » de la révolution islamique et ne cachent pas leur adhérence complète à ses fondements et à son guide le Mawla Ayatollah Ali Hoseini-KHAMENEI.
Donc, « visiblement », la crise n’est pas avec le régime lui même et au fond elle ne l’est pas a cause de la victoire de Najad car j’estime, de ma part, et c’est l’avis de beaucoup d’observateurs objectifs, que les élections présidentielles iraniennes ne sont pas truquées et que le victoire d’Ahmadi Najad ne fait aucun doute. Plusieurs sondages l’ont prédits. Mosawi & Co ont, certes, recueilli les voix des citadins, mais Najad, lui, a fait des ravages dans le milieu rural. Toutes les irrégularités signalées sont mineures et ne pourront en aucun cas faire basculer les résultats rendus officiels.
D’après ma lecture personnelle des événements, je dirais que l’Iran est victime des non-dits..
En effet, il y aurait d’une part des jeunes manifestants qui souhaitent plus de liberté et plus d’ouverture sur l’occident mais ne trouve aucun politicien pour endosser leur revendications et, d’autre part, des élites politiques qui veulent un nouveau partage des pouvoirs et des prérogatives, soit pour consolider l’emprise théocratique, soit pour soutenir les intérêts de la nouvelle bourgeoisie montante mais le deuxième cas, on a du mal à le revendiquer publiquement.
Donc, crise de régime, oui.. mais elle est mal formulée encore moins avouée.
Conspiration étrangère ?
Personne n’est assez dupe pour croire un seul instant que les dirigeants occidentaux se préoccupent du sort des jeunes iraniens réprimés dans les rue de Téhéran.. Pourquoi n’ont il pas versé les même larmes pour le peuple de Gaza qui a subit infiniment pire que cela et qui continue de subir?
Personne n’est assez naïf pour croire que les officiels occidentaux se soucient de la démocratie en Iran, ne soutiennent-ils pas des chefs d’États arabes élus et réélus à 95% et plus? Ne savent-ils pas que la démocratie c’est d’abord le respect des institutions et des lois? Comment ont-ils pu décréter la falsification des résultats avant leur publication officielle même?
L’ingérence occidentale dans les affaires internes iraniennes en vue de déstabiliser son régime est aussi vielle qu’évidente. C’est un exercice que les services secrets occidentaux affectionnent et ils ont fait leurs preuves partout dans le monde : en Amérique du sud, en Afrique, Europe de l’Est, Asie,…
Même Obama qui, jusqu’à maintenant, s’est voulu être neutre n’a pas résisté aux pressions le poussant à condamner ce qui sa fait en Iran.
Par conséquent, je dis oui pour la conspiration étrangère, mais elle n’est que le résultat de l’affaiblissement de l’immunité interne.
En guise de conclusion..
Je crois que la régime de la Révolution Islamique subit en se moment une évolution naturelle qui n’a que trop tardé depuis deux générations déjà.
Il est temps pour les Iraniens d’admettre leur problèmes en les formulant d’une façon claire et dénuée de toute hypocrisie politique et d’essayer, ensuite, ensemble de leurs trouver issue convenable, sans cela, les conséquences seront désastreuses non seulement pour l’Iran mais pour toute la zone.
Je ne suis pas paranoïaque et je ne veux pas être alarmiste, mais le virus H1N1 a bel et bien traversé les frontières du Maroc. Certains jurent l’avoir vu se promener à corniche de Casa, vêtu d’un Jabadore brodé et d’une Belgha fassia.
Officiellement, on déplorerait, à l’heure qu’il est, pas moins de 5 cas confirmés, nombre appelé à la hausse avec le début de la période de retour des ressortissants marocains résidents à l’étranger.
Il est vrai aussi que les cas enregistrés jusqu’à maintenant sont d’origine externe, cependant, il ne se passera pas beaucoup de temps avant de dénombrer des cas made in Morocco. C’est une réalité qu’on ne peut malheureusement plus nier : Le virus de la grippe A est parmi nous, ce n’est plus discutable, la question qui se pose maintenant est : Y sommes-nous bien préparés?
Premier leçon à retenir : Le contrôle des aéroports, et malgré sa nécessité, s’avère défaillant, spécialement lorsque le virus est dans sa phase d’incubation et que les symptômes de la maladie ne se sont pas encore manifestés.
De l’avis des experts, cette maladie virulente, et malgré la rapidité de son expansion, n’est généralement pas mortelle. Le Tamiflu, seul traitement disponible à ma connaissance, est assez efficace pourvu qu’il soit administré dans les premières phases de la maladie.
Deuxième leçon du jour : La rapidité du diagnostic ainsi que la disponibilité du traitement en quantités suffisantes et accessibles sont les seules armes à notre disposition dans la lutte contre ce fléau.
La grippe porcine possède les même symptômes qu’une vulgaire grippe : fièvre, fatigue, migraine, toux, maux de gorge, éternuements, sécrétions nasales,… Les personnes les plus touchées par cette pandémie se situent dans la tranche d’age 25 à 45 ans, des sujets qui étaient pourtant en bonne santé avant d’être contaminés. Elle se transmet par contact avec des sécrétions contenant des particules virales, c’est-à-dire par la toux ou des éternuements de personnes atteintes.
Troisième et dernière leçon : Personne n’est à l’abri de la contamination, de complicationsgraves ou du danger de mort liée à cette infection. Et dans l’attente d’un vaccin efficace, la prévention reste, et de loin, la meilleure approche à suive en espérant que ce virus évolue vers une forme moins nocive.
D’après un communiqué du Ministère des Habous et des Affaires islamiques, la commission royale chargée du pèlerinage a annoncé que l’opération d’inscription des pèlerins, dans les différentes préfectures et provinces du Royaume au titre de la saison 1430 de l’hégire (2009), se déroulera du 1er au 10 avril.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Web du Ministère : http://www.habous.gov.ma
Q. M. le Président, merci pour l’occasion que vous nous offrez, nous apprécions réellement.
Barack Obama : Merci beaucoup à vous.
Q. Monsieur, vous venez de rencontrer votre émissaire spécial au Moyen-Orient, le Sénateur Mitchell. Il semble que sa première tâche soit de consolider le cessez-le-feu. Mais, au delà, vous avez déclaré rechercher activement et agressivement la paix entre Palestiniens et Israéliens. Dites-nous un peu comment vous concevez votre rôle personnel. Vous le savez, si le Président des États-Unis ne s’implique pas, rien ne se passe, comme le démontre l’histoire des accords de paix. Comptez-vous proposer, lancer des propositions, des paramètres, comme l’a fait l’un de vos prédécesseurs [allusion à Bill Clinton, ndt] ? Ou vous contenterez-vous d’exhorter les parties à venir avec leurs propres solutions, comme l’a fait votre prédécesseur immédiat [Bush, ndt] ?
B.O. : Je pense que le plus important pour les États-Unis est de s’engager immédiatement. Et George Mitchell est quelqu’un d’une stature exceptionnelle. Il est l’une des rares personnes à avoir une expérience internationale de médiation qui a abouti à un accord de paix [Irlande du Nord, ndt]. Je lui ai dit de commencer par écouter, parce que, trop souvent, les États-Unis ont commencé par dicter (par le passé, sur certaines de ces questions), alors que nous n’en connaissons pas toujours tous les facteurs. Alors, écoutons. Il [Mitchell] va parler aux principales parties impliquées. Puis il me fera part de ses conversations. A partir de là, nous formulerons une réaction précise. Au bout du compte, il nous est impossible de dire aux Israéliens et aux Palestiniens ce qui est le mieux pour eux. Ils devront prendre un certain nombre de décisions. Mais ce que je crois, c’est que le moment est mûr pour que les deux parties se rendent compte que la voie qu’elles ont choisie ne va apporter à leurs peuples ni prospérité, ni sécurité. Il est donc temps de retourner à la table des négociations.
Et cela va être difficile, cela va prendre du temps. Je ne souhaite pas avoir d’idées préconçues sur beaucoup de ces questions, et je souhaite m’assurer que nous ne soulevons pas des espoirs qui porteraient à croire que cela va se résoudre en quelques mois. Mais, si nous commençons à progresser avec constance, je crois fermement que les États-Unis (en œuvrant de concert avec l’Union européenne, la Russie et les États arabes de la région) sont capables de faire d’importants progrès.
Q. En substance, vous avez dit que ces questions, tel le problème israélo-palestinien, devaient être considérées dans une approche globale de la région. Devons-nous nous attendre à un paradigme différent, au sens où, dans le passé, l’une des critiques adressées aux Etats-Unis, du moins du côté arabo-musulman, était que tout ce qui avait été testé l’avait toujours été pour voir si cela fonctionnait du seul côté israélien ? Aujourd’hui, nous avons un plan de paix arabe qui concerne toute la région. Et vous-même l’avez indiqué. Assistons-nous à un changement de doctrine ?
B.O. Ici, je pense que c’est très important. Considérez la proposition avancée par le roi Abdallah d’Arabie saoudite.
Q. Exact.
B.O. Je peux ne pas être d’accord avec chacun des aspects de cette proposition, mais il a fallu beaucoup de courage…
Q. Absolument
B.O. … pour avancer quelque chose d’aussi important. Je crois que, partout dans la région, il y a des idées pour parvenir à la paix.
Je pense réellement qu’il nous est impossible de réfléchir uniquement en termes de conflit israélo-palestinien, sans tenir compte de ce qui se passe en Syrie, en Iran, au Liban, en Afghanistan ou au Pakistan. Tout cela est lié. Et ce que j’ai dit, et je crois qu’Hillary Clinton l’a exprimé lors de sa nomination, c’est que si nous considérons la région dans son ensemble, et si nous envoyons un message au monde arabe et musulman qui dit que nous sommes prêts à lancer un nouveau partenariat fondé sur le respect et les intérêts mutuels, alors je pense que nous pouvons faire d’importants progrès.
Cela dit, Israël est un allié fort des Etats-Unis, et cela ne s’arrêtera pas. Et je continuerai de croire que la sécurité d’Israël est d’une importance capitale. Mais je crois aussi qu’il y a des Israéliens qui reconnaissent qu’il est important de parvenir à la paix. Ils seront prêts à faire des sacrifices si le moment est approprié et s’il y a un partenaire sérieux de l’autre côté.
Ce que nous voulons donc, c’est écouter, mettre de côté certaines idées préconçues qui ont existé et se sont renforcées ces dernières années. Et je crois que, si nous faisons cela, alors il y a au moins une possibilité d’effectuer une percée.
Q. Avant d’aborder le monde arabe de façon générale, une dernière question à propos du théâtre palestino-israélien. De nombreux Palestiniens et Israéliens sont frustrés par leur situation actuelle et ils sont en train de perdre espoir. Ils ont perdu toute illusion et pensent que le temps de la solution à deux Etats est compté, essentiellement à cause de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés. Sera-t-il possible de voir un Etat palestinien (vous en connaissez les contours) au cours de votre premier mandat ?
B.O. Je pense qu’il est possible (je ne vais pas fixer de calendrier) de voir naître un Etat palestinien ayant une continuité géographique, qui permette à ses citoyens la liberté de circuler, qui permette de commercer avec d’autres pays, qui permettre la création d’entreprises et de commerces, afin que les gens aient une vie meilleure. Vous savez, je pense que quiconque a étudié cette région reconnaît que la situation du Palestinien moyen, dans la plupart des cas, ne s’est pas améliorée. L’important, au fond, est qu’avec toutes ces négociations, tous ces pourparlers, est-ce qu’un enfant des territoires palestiniens va s’en trouver mieux ? A-t-il un avenir pour lui-même ? Et un enfant en Israël va-t-il se sentir plus en sécurité, plus en confiance ? Et si nous gardons le cap qui consiste à rendre la vie meilleure et à regarder en avant, et non pas seulement tous les conflits, toutes les tragédies du passé, alors, je pense que nous avons une chance d’avancer réellement.
Mais cela ne sera pas facile. C’est la raison pour laquelle George Mitchell se rend dans la région. Il est doué d’une patience et d’une habileté extraordinaires, cela va être nécessaire.
Q. Absolument. Considérons maintenant la région au sens large. Vous comptez vous adresser au monde musulman depuis une capitale musulmane dans les cent premiers jours de votre mandat. Tout le monde se demande de quelle capitale il s’agit (rires). Si vous aviez des précisions, ce serait très bien. Et êtes-vous inquiet ? Parce que, franchement, quand je vois certaines choses sur l’Amérique – dans certaines parties du monde, je ne veux pas exagérer – il y a une diabolisation de l’Amérique.
B.O. Absolument
Q. C’est devenu une sorte de nouvelle religion, qui a ses propres convertis et ses propres prêtres.
B.O. Exact.
Q. Il n’y a plus que le texte religieux.
B.O. Tout à fait.
Q. Traditionnellement (depuis le 11 septembre et à cause de l’Irak, l’aliénation est grande entre le monde arabe et les Américains), et pendant des générations, les Etats-Unis jouissaient d’un certain prestige, étant la seule puissance occidentale sans héritage colonial.
B.O. C’est vrai
Q. (…) Parce que les gens sentent que vous tenez un discours politique différent. Et je pense, à en juger par (inaudible), Zawahiri et Ben Laden et tous ceux-là, vous savez, comme en chœur …
B.O. Oui, j’ai remarqué. Ils semblent nerveux.
Q. Très nerveux, exactement. Alors, dites-moi pourquoi ils devraient se sentir encore plus nerveux.
B.O. Eh bien, je pense que quand on considère la rhétorique qu’ils utilisent avant même ma prise de fonction …
Q. Je sais, je sais.
B.O. C’est ce qui me dit que leurs idées ont fait faillite. Aucune de leurs actions n’a donné à un enfant musulman une meilleure éducation, ou de meilleurs soins. Dans mon discours d’investiture, j’ai parlé de cela : on sera jugé sur ce que l’on aura construit et non sur ce que l’on aura détruit. Tout ce qu’ils ont fait, c’est détruire des choses. Sur le long terme, je pense que le monde musulman a pris conscience que cette voie ne menait nulle part, sinon à davantage de mort et de destruction. Aujourd’hui, mon travail consiste à dire que les Etats-Unis ont un rôle à jouer dans le bien-être du monde musulman, que le langage que nous utilisons doit être celui du respect. J’ai des membres de ma famille qui sont musulmans. J’ai vécu dans des pays musulmans.
Q. Le plus grand.
B.O. Le plus grand, l’Indonésie. Je souhaite donc transmettre le fait que, au cours de tous mes voyages de par le monde musulman, j’en suis arrivé à comprendre que peu importe leur foi (et l’Amérique est un pays de musulmans, juifs, chrétiens, non-croyants), peu importe leur foi, les gens ont tous en commun des espérances et des rêves. Et mon travail est de faire savoir au peuple américain que le monde musulman est empli de gens extraordinaires qui veulent simplement vivre leur vie et voir leurs enfants mener une vie meilleure. Mon travail auprès du monde musulman est de faire savoir que les Américains ne sont pas vos ennemis. Nous avons parfois commis des erreurs. Nous n’avons pas été parfaits. Mais si vous considérez l’histoire, comme vous le dites, l’Amérique n’est pas née en tant que puissance coloniale, et il n’y a aucune raison de ne pas restaurer la relation de respect et de partenariat qui régnait avec le monde musulman il y a encore 20 ou 30 ans. Je pense que cela sera une tâche extrêmement importante.
Mais, au bout du compte, les gens me jugeront sur mes actes et sur ceux de mon administration, et non sur mes paroles. Et je pense que ce que vous allez voir au cours des prochaines années, c’est que je ne vais peut-être pas être d’accord avec ce que tel ou tel dirigeant musulman dira, ni avec ce qui sera dit sur une chaîne de télévision arabe, mais je crois que ce que vous verrez, c’est quelqu’un qui écoute, qui est respectueux et qui essaie de promouvoir, non seulement les intérêts des Etats-Unis, mais aussi ceux des gens ordinaires qui, en ce moment même, souffrent de la pauvreté et d’un avenir bouché. Je veux m’assurer que je m’adresse à eux aussi.
Q. Dites-moi, il nous reste peu de temps, y a-t-il une décision prise concernant le prochain pays musulman auquel vous allez rendre visite ?
La plus horrible image du carnage de Gaza
B.O. Là, je ne vais pas vous donner de scoop.
Q. L’Afghanistan ?
B.O. Peut-être la fois d’après. Mais je veux dire quelque chose d’important. Je veux que les gens sachent que nous préparons une série d’initiatives. L’envoi de George Mitchell au Moyen-Orient est l’écho d’une promesse faite au cours de ma campagne : nous n’attendrons pas la fin de mon administration pour nous occuper de la paix entre Palestiniens et Israéliens. C’est dès maintenant que nous commençons. Cela peut prendre du temps, mais nous allons le faire dès maintenant. Nous allons respecter notre engagement : je m’adresserai au monde musulman depuis une capitale musulmane. Nous allons respecter nos engagements et effectuer un travail plus efficace pour toucher le monde arabe, l’écouter et lui parler. Vous me verrez aussi réduire les troupes en Irak, pour que les Irakiens assument davantage de responsabilités. Et, finalement, je pense que vous avez déjà vu une promesse tenue, Guantanamo a été fermée. Même si nous réaffirmons clairement que nous serons aussi déterminés qu’auparavant à lutter contre les organisations terroristes qui tuent des civils innocents, nous allons le faire à notre manière, en respectant l’Etat de droit qui fait que l’Amérique est grande.
Q. Le président Bush avait parlé de « guerre contre le terrorisme » dans un sens très large, et parfois d’une terminologie particulière, le fascisme islamiste. En revanche, vous avez toujours replacé cela dans un cadre différent, en particulier contre un groupe nommé Al-Qaïda et ses collaborateurs…
B.O. Il s’agit d’un point très important. Car la terminologie que nous utilisons, cela compte. Ce qu’il nous faut comprendre, c’est qu’il existe des organisations extrémistes (musulmanes ou d’autres religions, dans le passé) qui se servent de la religion pour justifier la violence. Or il ne faut pas se servir d’un rouleau à peinture pour dépeindre une religion comme une conséquence de la violence qui s’exerce au nom de cette religion.
En conséquence, je pense que vous verrez que mon administration se montrera très claire dans la distinction entre des groupes comme Al-Qaïda, qui adoptent la violence et le terrorisme comme seuls moyens d’action, et des gens qui peuvent être en désaccord avec mon administration et certaines de ses actions, ou qui peuvent avoir un point de vue particulier sur la manière dont leur pays doit se développer. Nous pouvons avoir des désaccords légitimes tout en ayant du respect. Je n’ai aucun respect pour des organisations terroristes qui tuent des civils innocents, et nous les pourchasserons. Mais envers le monde musulman en général, nous tendrons la main de l’amitié. Q. Puis-je terminer par une question rapide sur l’Irak et l’Iran ?
B.O. C’est à votre équipe d’en décider. M. Gibbs (qui est-il ? ndt) Vous avez 30 secondes (rires).
Q. Les États-Unis vont-ils vivre un jour avec un Iran nucléarisé ? Et jusqu’où irez-vous pour empêcher cela ?
B.O. Vous savez, j’ai dit pendant ma campagne qu’il était très important que nous nous assurions de l’adéquation des moyens à notre disposition, y compris la diplomatie, dans nos relations avec l’Iran.
Le peuple iranien est un grand peuple, la civilisation perse est une grande civilisation. L’Iran a agi d’une façon qui n’est pas profitable à la paix dans la région : les menaces contre Israël ; la recherche de l’arme nucléaire qui pourrait déclencher une course aux armements dans la région, ce qui ne contribuerait en rien à la sécurité ; le soutien à des organisations terroristes dans le passé. Rien de tout cela n’a aidé. Mais je pense réellement qu’il est important pour nous d’être prêts à parler à l’Iran, d’exprimer très clairement où sont nos différences, mais aussi où sont nos perspectives de progrès. Dans les prochains mois, nous allons proposer un cadre général et une approche. Comme je l’ai dit dans mon discours d’intronisation, si des pays comme l’Iran sont prêts à desserrer le poing, ils trouveront de notre part une main tendue.
Q. Laissons-nous l’Irak pour une prochaine interview, ou bien… M. Gibbs : Oui, laissons cela. Nous avons dépassé, et je dois le ramener à un diner avec son épouse.