Archives de janvier, 2009

Interview accordée par Obama à la chaîne Al-Arabiya

Samedi, 31 janvier 2009

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Q. M. le Président, merci pour l’occasion que vous nous offrez, nous apprécions réellement.

Barack Obama
: Merci beaucoup à vous.

Q. Monsieur, vous venez de rencontrer votre émissaire spécial au Moyen-Orient, le Sénateur Mitchell. Il semble que sa première tâche soit de consolider le cessez-le-feu. Mais, au delà, vous avez déclaré rechercher activement et agressivement la paix entre Palestiniens et Israéliens. Dites-nous un peu comment vous concevez votre rôle personnel. Vous le savez, si le Président des États-Unis ne s’implique pas, rien ne se passe, comme le démontre l’histoire des accords de paix. Comptez-vous proposer, lancer des propositions, des paramètres, comme l’a fait l’un de vos prédécesseurs [allusion à Bill Clinton, ndt] ? Ou vous contenterez-vous d’exhorter les parties à venir avec leurs propres solutions, comme l’a fait votre prédécesseur immédiat [Bush, ndt] ?

B.O. : Je pense que le plus important pour les États-Unis est de s’engager immédiatement. Et George Mitchell est quelqu’un d’une stature exceptionnelle. Il est l’une des rares personnes à avoir une expérience internationale de médiation qui a abouti à un accord de paix [Irlande du Nord, ndt]. Je lui ai dit de commencer par écouter, parce que, trop souvent, les États-Unis ont commencé par dicter (par le passé, sur certaines de ces questions), alors que nous n’en connaissons pas toujours tous les facteurs. Alors, écoutons. Il [Mitchell] va parler aux principales parties impliquées. Puis il me fera part de ses conversations. A partir de là, nous formulerons une réaction précise. Au bout du compte, il nous est impossible de dire aux Israéliens et aux Palestiniens ce qui est le mieux pour eux. Ils devront prendre un certain nombre de décisions. Mais ce que je crois, c’est que le moment est mûr pour que les deux parties se rendent compte que la voie qu’elles ont choisie ne va apporter à leurs peuples ni prospérité, ni sécurité. Il est donc temps de retourner à la table des négociations.

Et cela va être difficile, cela va prendre du temps. Je ne souhaite pas avoir d’idées préconçues sur beaucoup de ces questions, et je souhaite m’assurer que nous ne soulevons pas des espoirs qui porteraient à croire que cela va se résoudre en quelques mois. Mais, si nous commençons à progresser avec constance, je crois fermement que les États-Unis (en œuvrant de concert avec l’Union européenne, la Russie et les États arabes de la région) sont capables de faire d’importants progrès.

Q. En substance, vous avez dit que ces questions, tel le problème israélo-palestinien, devaient être considérées dans une approche globale de la région. Devons-nous nous attendre à un paradigme différent, au sens où, dans le passé, l’une des critiques adressées aux Etats-Unis, du moins du côté arabo-musulman, était que tout ce qui avait été testé l’avait toujours été pour voir si cela fonctionnait du seul côté israélien ? Aujourd’hui, nous avons un plan de paix arabe qui concerne toute la région. Et vous-même l’avez indiqué. Assistons-nous à un changement de doctrine ?

B.O. Ici, je pense que c’est très important. Considérez la proposition avancée par le roi Abdallah d’Arabie saoudite.

Q. Exact.

B.O. Je peux ne pas être d’accord avec chacun des aspects de cette proposition, mais il a fallu beaucoup de courage…

Q. Absolument

B.O. … pour avancer quelque chose d’aussi important. Je crois que, partout dans la région, il y a des idées pour parvenir à la paix.

Je pense réellement qu’il nous est impossible de réfléchir uniquement en termes de conflit israélo-palestinien, sans tenir compte de ce qui se passe en Syrie, en Iran, au Liban, en Afghanistan ou au Pakistan. Tout cela est lié. Et ce que j’ai dit, et je crois qu’Hillary Clinton l’a exprimé lors de sa nomination, c’est que si nous considérons la région dans son ensemble, et si nous envoyons un message au monde arabe et musulman qui dit que nous sommes prêts à lancer un nouveau partenariat fondé sur le respect et les intérêts mutuels, alors je pense que nous pouvons faire d’importants progrès.

Cela dit, Israël est un allié fort des Etats-Unis, et cela ne s’arrêtera pas. Et je continuerai de croire que la sécurité d’Israël est d’une importance capitale. Mais je crois aussi qu’il y a des Israéliens qui reconnaissent qu’il est important de parvenir à la paix. Ils seront prêts à faire des sacrifices si le moment est approprié et s’il y a un partenaire sérieux de l’autre côté.

Ce que nous voulons donc, c’est écouter, mettre de côté certaines idées préconçues qui ont existé et se sont renforcées ces dernières années. Et je crois que, si nous faisons cela, alors il y a au moins une possibilité d’effectuer une percée.

Q. Avant d’aborder le monde arabe de façon générale, une dernière question à propos du théâtre palestino-israélien. De nombreux Palestiniens et Israéliens sont frustrés par leur situation actuelle et ils sont en train de perdre espoir. Ils ont perdu toute illusion et pensent que le temps de la solution à deux Etats est compté, essentiellement à cause de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés. Sera-t-il possible de voir un Etat palestinien (vous en connaissez les contours) au cours de votre premier mandat ?

B.O. Je pense qu’il est possible (je ne vais pas fixer de calendrier) de voir naître un Etat palestinien ayant une continuité géographique, qui permette à ses citoyens la liberté de circuler, qui permette de commercer avec d’autres pays, qui permettre la création d’entreprises et de commerces, afin que les gens aient une vie meilleure. Vous savez, je pense que quiconque a étudié cette région reconnaît que la situation du Palestinien moyen, dans la plupart des cas, ne s’est pas améliorée. L’important, au fond, est qu’avec toutes ces négociations, tous ces pourparlers, est-ce qu’un enfant des territoires palestiniens va s’en trouver mieux ? A-t-il un avenir pour lui-même ? Et un enfant en Israël va-t-il se sentir plus en sécurité, plus en confiance ? Et si nous gardons le cap qui consiste à rendre la vie meilleure et à regarder en avant, et non pas seulement tous les conflits, toutes les tragédies du passé, alors, je pense que nous avons une chance d’avancer réellement.

Mais cela ne sera pas facile. C’est la raison pour laquelle George Mitchell se rend dans la région. Il est doué d’une patience et d’une habileté extraordinaires, cela va être nécessaire.

Q. Absolument. Considérons maintenant la région au sens large. Vous comptez vous adresser au monde musulman depuis une capitale musulmane dans les cent premiers jours de votre mandat. Tout le monde se demande de quelle capitale il s’agit (rires). Si vous aviez des précisions, ce serait très bien. Et êtes-vous inquiet ? Parce que, franchement, quand je vois certaines choses sur l’Amérique – dans certaines parties du monde, je ne veux pas exagérer – il y a une diabolisation de l’Amérique.

B.O. Absolument

Q. C’est devenu une sorte de nouvelle religion, qui a ses propres convertis et ses propres prêtres.

B.O. Exact.

Q. Il n’y a plus que le texte religieux.

B.O. Tout à fait.

Q. Traditionnellement (depuis le 11 septembre et à cause de l’Irak, l’aliénation est grande entre le monde arabe et les Américains), et pendant des générations, les Etats-Unis jouissaient d’un certain prestige, étant la seule puissance occidentale sans héritage colonial.

B.O. C’est vrai

Q. (…) Parce que les gens sentent que vous tenez un discours politique différent. Et je pense, à en juger par (inaudible), Zawahiri et Ben Laden et tous ceux-là, vous savez, comme en chœur …

B.O. Oui, j’ai remarqué. Ils semblent nerveux.

Q. Très nerveux, exactement. Alors, dites-moi pourquoi ils devraient se sentir encore plus nerveux.

B.O. Eh bien, je pense que quand on considère la rhétorique qu’ils utilisent avant même ma prise de fonction …

Q. Je sais, je sais.

B.O. C’est ce qui me dit que leurs idées ont fait faillite. Aucune de leurs actions n’a donné à un enfant musulman une meilleure éducation, ou de meilleurs soins. Dans mon discours d’investiture, j’ai parlé de cela : on sera jugé sur ce que l’on aura construit et non sur ce que l’on aura détruit. Tout ce qu’ils ont fait, c’est détruire des choses. Sur le long terme, je pense que le monde musulman a pris conscience que cette voie ne menait nulle part, sinon à davantage de mort et de destruction. Aujourd’hui, mon travail consiste à dire que les Etats-Unis ont un rôle à jouer dans le bien-être du monde musulman, que le langage que nous utilisons doit être celui du respect. J’ai des membres de ma famille qui sont musulmans. J’ai vécu dans des pays musulmans.

Q. Le plus grand.

B.O. Le plus grand, l’Indonésie. Je souhaite donc transmettre le fait que, au cours de tous mes voyages de par le monde musulman, j’en suis arrivé à comprendre que peu importe leur foi (et l’Amérique est un pays de musulmans, juifs, chrétiens, non-croyants), peu importe leur foi, les gens ont tous en commun des espérances et des rêves. Et mon travail est de faire savoir au peuple américain que le monde musulman est empli de gens extraordinaires qui veulent simplement vivre leur vie et voir leurs enfants mener une vie meilleure. Mon travail auprès du monde musulman est de faire savoir que les Américains ne sont pas vos ennemis. Nous avons parfois commis des erreurs. Nous n’avons pas été parfaits. Mais si vous considérez l’histoire, comme vous le dites, l’Amérique n’est pas née en tant que puissance coloniale, et il n’y a aucune raison de ne pas restaurer la relation de respect et de partenariat qui régnait avec le monde musulman il y a encore 20 ou 30 ans. Je pense que cela sera une tâche extrêmement importante.

Mais, au bout du compte, les gens me jugeront sur mes actes et sur ceux de mon administration, et non sur mes paroles. Et je pense que ce que vous allez voir au cours des prochaines années, c’est que je ne vais peut-être pas être d’accord avec ce que tel ou tel dirigeant musulman dira, ni avec ce qui sera dit sur une chaîne de télévision arabe, mais je crois que ce que vous verrez, c’est quelqu’un qui écoute, qui est respectueux et qui essaie de promouvoir, non seulement les intérêts des Etats-Unis, mais aussi ceux des gens ordinaires qui, en ce moment même, souffrent de la pauvreté et d’un avenir bouché. Je veux m’assurer que je m’adresse à eux aussi.

Q. Dites-moi, il nous reste peu de temps, y a-t-il une décision prise concernant le prochain pays musulman auquel vous allez rendre visite ?
La plus horrible image du carnage de Gaza

B.O. Là, je ne vais pas vous donner de scoop.

Q. L’Afghanistan ?

B.O. Peut-être la fois d’après. Mais je veux dire quelque chose d’important. Je veux que les gens sachent que nous préparons une série d’initiatives. L’envoi de George Mitchell au Moyen-Orient est l’écho d’une promesse faite au cours de ma campagne : nous n’attendrons pas la fin de mon administration pour nous occuper de la paix entre Palestiniens et Israéliens. C’est dès maintenant que nous commençons. Cela peut prendre du temps, mais nous allons le faire dès maintenant. Nous allons respecter notre engagement : je m’adresserai au monde musulman depuis une capitale musulmane. Nous allons respecter nos engagements et effectuer un travail plus efficace pour toucher le monde arabe, l’écouter et lui parler. Vous me verrez aussi réduire les troupes en Irak, pour que les Irakiens assument davantage de responsabilités. Et, finalement, je pense que vous avez déjà vu une promesse tenue, Guantanamo a été fermée. Même si nous réaffirmons clairement que nous serons aussi déterminés qu’auparavant à lutter contre les organisations terroristes qui tuent des civils innocents, nous allons le faire à notre manière, en respectant l’Etat de droit qui fait que l’Amérique est grande.

Q. Le président Bush avait parlé de « guerre contre le terrorisme » dans un sens très large, et parfois d’une terminologie particulière, le fascisme islamiste. En revanche, vous avez toujours replacé cela dans un cadre différent, en particulier contre un groupe nommé Al-Qaïda et ses collaborateurs…

B.O. Il s’agit d’un point très important. Car la terminologie que nous utilisons, cela compte. Ce qu’il nous faut comprendre, c’est qu’il existe des organisations extrémistes (musulmanes ou d’autres religions, dans le passé) qui se servent de la religion pour justifier la violence. Or il ne faut pas se servir d’un rouleau à peinture pour dépeindre une religion comme une conséquence de la violence qui s’exerce au nom de cette religion.

En conséquence, je pense que vous verrez que mon administration se montrera très claire dans la distinction entre des groupes comme Al-Qaïda, qui adoptent la violence et le terrorisme comme seuls moyens d’action, et des gens qui peuvent être en désaccord avec mon administration et certaines de ses actions, ou qui peuvent avoir un point de vue particulier sur la manière dont leur pays doit se développer. Nous pouvons avoir des désaccords légitimes tout en ayant du respect. Je n’ai aucun respect pour des organisations terroristes qui tuent des civils innocents, et nous les pourchasserons. Mais envers le monde musulman en général, nous tendrons la main de l’amitié. Q. Puis-je terminer par une question rapide sur l’Irak et l’Iran ?

B.O. C’est à votre équipe d’en décider. M. Gibbs (qui est-il ? ndt) Vous avez 30 secondes (rires).

Q. Les États-Unis vont-ils vivre un jour avec un Iran nucléarisé ? Et jusqu’où irez-vous pour empêcher cela ?

B.O. Vous savez, j’ai dit pendant ma campagne qu’il était très important que nous nous assurions de l’adéquation des moyens à notre disposition, y compris la diplomatie, dans nos relations avec l’Iran.

Le peuple iranien est un grand peuple, la civilisation perse est une grande civilisation. L’Iran a agi d’une façon qui n’est pas profitable à la paix dans la région : les menaces contre Israël ; la recherche de l’arme nucléaire qui pourrait déclencher une course aux armements dans la région, ce qui ne contribuerait en rien à la sécurité ; le soutien à des organisations terroristes dans le passé. Rien de tout cela n’a aidé. Mais je pense réellement qu’il est important pour nous d’être prêts à parler à l’Iran, d’exprimer très clairement où sont nos différences, mais aussi où sont nos perspectives de progrès. Dans les prochains mois, nous allons proposer un cadre général et une approche. Comme je l’ai dit dans mon discours d’intronisation, si des pays comme l’Iran sont prêts à desserrer le poing, ils trouveront de notre part une main tendue.

Q. Laissons-nous l’Irak pour une prochaine interview, ou bien… M. Gibbs : Oui, laissons cela. Nous avons dépassé, et je dois le ramener à un diner avec son épouse.

Q. Monsieur, j’apprécie vraiment.

B.O.
Merci beaucoup.

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Merci Erdogan.. Je suis fier de vous

Vendredi, 30 janvier 2009

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Déclaration de Recep Tayyip Erdogan au forum de Davos lors du débat sur Gaza

(sous-titrage en français)

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Recep Tayyip Erdogan est reçu en héros à son retour en Turquie

Comprendre l’histoire d’Israël pour comprendre Israël aujourd’hui

Jeudi, 29 janvier 2009

erez-israel

Comprendre l’histoire d’Israël pour comprendre Israël aujourd’hui

(texte de l’universitaire israélien Ilan Pappe [1])

dimanche 13 août 2006.

Le développement actuel de la triste réalité au Moyen-Orient a des racines historiques claires et un voyage dans le passé peut aider à éclairer ce qu’il y a derrière la politique destructrice d’ Israël en Palestine et au Liban.

Le Sionisme est arrivé en Palestine à la fin du 19ème siècle en tant que mouvement colonialiste motivé par des impulsions nationales. La colonisation de la Palestine s’adaptait bien aux intérêts et à la politique de l’Empire Britannique à la veille de la Première Guerre Mondiale.

Avec le soutien de la Grande-Bretagne, le projet de colonisation s’est développé, et est devenu une présence massive sur le terrain après la guerre et avec l’établissement du Mandat Britannique en Palestine (qui a duré de 1918 à 1948).

Tandis qu’avait lieu ce regroupement, la société autochtone a subi, comme d’autres sociétés dans le reste du monde Arabe, un processus régulier de constitution d’une identité nationale. Mais avec une différence.

Tandis que le reste du monde Arabe façonnait son identité politique par la lutte contre le colonialisme européen, le nationalisme en Palestine signifiait affirmer son identité collective contre un colonialisme britannique d’exploitation et un Sionisme expansionniste. Donc, le conflit avec le Sionisme était un fardeau supplémentaire.

La politique pro-Sioniste du Mandat Britannique a naturellement tendu les relations entre la Grande-Bretagne et la société palestinienne locale. Cela a atteint son point culminant lors d’une révolte en 1936 contre Londres et le développement du projet colonial Sioniste. [2]

La révolte, qui a duré trois ans, n’a pas pu modifier la politique du Mandat Britannique qu’il avait déjà décidée en 1917. Le ministre des Affaires Etrangères Britannique, Lord Balfour, avait promis aux leaders Sionistes que la Grande-Bretagne aiderait le mouvement à construire une patrie pour les Juifs en Palestine.

Le nombre de Juifs entrant dans le pays augmentait chaque jour – bien que même à ce moment-là, pendant les années 30, les Juifs ne représentaient qu’un quart de la population, et ne possédaient que 4% de la terre. Alors que la résistance au colonialisme se renforçait, la direction Sioniste a commencée à être convaincue qu’ils ne pourraient créer leur propre État qu’en expulsant l’ensemble des Palestiniens. Du tout début et jusqu’aux années 30, les penseurs Sionistes ont propagé la nécessité de nettoyer ethniquement la population autochtone de la Palestine si le rêve d’un Etat Juif se réalisait.

La préparation pour l’application de ces deux objectifs de patrie et de suprématie ethnique s’est accélérée après la Seconde Guerre Mondiale. Pour les Anglais, le pays avait perdu son importance stratégique quand ils ont été expulsés de l’Inde. C’était un endroit tendu qui exigeait la présence des forces britanniques en nombre équivalent à celui que l’empire maintenait dans le sous-continent indien – sans récompenses évidentes pour l’Empire.

Tandis que la direction Sioniste finalisait un plan pour prendre la terre et expulser la population entre 1946 et 1948, les responsables palestiniens espéraient que l’empire Britannique leur donnerait leur pays dans lequel ils représentaient toujours la grande majorité autochtone de la population. Mais la Grande-Bretagne a décidé de transférer la question de la Palestine devant les Nations Unies (l’ONU) en février 1947. La Palestine était le premier conflit dans lequel il était invité à négocier d’une manière significative. Il a proposé une solution pro-Sioniste, très injuste et impossible à mettre en pratique.

Le premier obstacle était que puisque les Palestiniens demandaient à être traités comme n’importe quel autre mouvement national arabe, ils s’attendaient à ce que la communauté internationale reconnaisse, sans condition, leur droit légitime au pays. Ils ne s’attendaient pas à ce que ce droit soit négocié avec un mouvement colonialiste. Ils ont donc boycotté le processus. L’ONU l’a ignoré et le Comité Spécial qu’il a nommé pour la question, l’Unscop (le Comité Spécial des Nations Unies pour la Palestine) n’a discuté qu’avec les responsables Sionistes. Il a conçu une solution qui ne répondait aux besoins et aux aspirations que de ce seul côté.

De toute façon, les Palestiniens avaient de la difficulté à présenter le côté moral de leurs demandes en raison de l’holocauste. La communauté internationale occidentale n’était que trop heureuse d’éluder tous les débats au sujet des implications du génocide en Europe et de laisser le problème à la porte de la Palestine. Le résultat inévitable de cette approche acceptait presque sans réserve les demandes Sionistes d’un État en Palestine.

Territoire Fin novembre 1947, l’ONU a offert de diviser la Palestine en deux Etats presque égaux au niveau territorial. Les Juifs ne représentaient qu’un tiers de la population en 1947 et la plupart d’entre eux n’étaient arrivés en Palestine que quelques années plus tôt. Le refus catégorique des Palestiniens à cette proposition, soutenus par la Ligue Arabe, a permis à la direction Sioniste de planifier soigneusement la prochaine étape. Entre février 1947 et mars 1948, un dernier plan pour un nettoyage ethnique a été préparé.

La direction Sioniste a défini 80% de la Palestine (Israel d’aujourd’hui sans la Cisjordanie) comme espace pour le futur Etat. C’était un secteur dans lequel un million de Palestiniens vivaient à côté de 600.000 juifs. L’idée était de déraciner autant de Palestiniens que possible. Entre mars 1948 et la fin de l’année, le plan a été mis en application en dépit de la tentative d’opposition de quelques États Arabes, ce qui a échoué. Environ 750.000 Palestiniens ont été expulsés, 531 villages ont été détruits et 11 secteurs urbains ont été démolis.

La moitié de la population de la Palestine a été déracinée et la moitié de ses villages a détruit. L’état d’Israel a été établi sur plus de 80% de la Palestine, transformant les villages palestiniens en colonies Juifs et parcs de loisirs, mais il a permis à un nombre restreint de Palestiniens d’y rester en tant que citoyens.

La guerre de juin 1967 a permis à Israël de prendre les 20% de la Palestine restants. Cette saisie a d’une certaine façon mis en échec l’idéologie ethnique du mouvement Sioniste. Israël a pris les 100% de la Palestine, mais l’état a incorporé un grand nombre de Palestiniens, population que les Sionistes avaient eu tellement de mal à expulser en 1948. Le fait qu’on ait laissé faire Israël en 1948, et qu’il n’ait pas été condamné pour le nettoyage ethnique qu’il a commis, l’a encouragé à nettoyer ethniquement de la Cisjordanie et de la bande de Gaza 300.000 autres Palestiniens.

Mais la guerre de juin 1967 fut trop courte – six jours – et la communauté internationale était plus au courant. La société palestinienne était plus expérimentée. Par conséquent, Israel est resté avec un grand nombre de Palestiniens sous son contrôle et n’a pas pu achever le travail. Le Mouvement National Palestinien est à nouveau apparu sous la forme de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et même s’il n’avait pas libéré un seul mètre carré de la Palestine, il a reposé la question palestinienne et la Nakbah de 1948 (catastrophe) au centre de l’attention de public mondial.

L’opération de nettoyage ethnique a été également mise en échec par la persistance et la détermination de ces Palestiniens qui ont été autorisés à rester en Israël. Ils sont devenus le quart de la population. La démographie est ainsi devenue la question principale sur l’agenda de la sécurité nationale israélienne. Elle éclipse tous les autres problèmes, que ce soit l’égalité sociale, la démocratie ou les droits de l’homme. Le système d’éducation, les médias et les politiciens soulignent le danger « que les Palestiniens constituent pour l’existence de l’Etat d’Israël et pour le bien-être des citoyens Juifs ». Dans cette situation, la « Gauche » israélienne pousse à diminuer la taille du territoire, la droite réclame une réduction du nombre de Palestiniens. Mais la distance morale et idéologique entre les deux positions du système politique est en effet très petite.

Après deux soulèvements dans les territoires occupés et un échec de l’effort diplomatique international qui a totalement ignoré la racine du conflit comme représentée ci-dessus, nous sommes maintenant revenus aux bases mêmes du conflit.

Imposer Au cours des six dernières années, avec le soutien total de son électorat juif, les gouvernements israéliens successifs ont essayé d’imposer par la force ce qui pour eux est la solution idéale. Cela consiste à emprisonner un grand nombre de Palestiniens dans les enclaves en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, un contrôle total via un système d’Apartheid de la minorité palestinienne en Israël, et le rejet catégorique de tout rapatriement des réfugiés palestiniens. Ce plan est entièrement soutenu par les États-Unis. La présidence néoconservatrice de Bush poursuit son propre unilatéralisme, en essayant d’imposer ses valeurs économiques et stratégiques au reste du monde par des moyens militaires et l’intimidation.

Seuls deux mouvements dans la région résistent à Israël et aux Etats-Unis. Malheureusement pour des gens de Gauche, comme moi, ils ne sont pas de notre école, mais nous devrions respecter leur détermination et leur volonté à résister à l’occupation et à la colonisation. Ce sont le Hamas et le Hizbollah. Israël pense qu’il a maintenant une fenêtre d’opportunité pour éliminer ces forces à Gaza et au Liban – et là-bas en Syrie et en Iran.

La guerre régionale qui se développe pourrait à court terme miner ces deux forces, mais à long-terme, cela pourrait signifier une confrontation israélienne non seulement avec le monde Arabe mais avec l’ensemble du monde Musulman. À ce moment-là, les Etats-Unis pourraient l’abandonner, et l’Etat Juif finirait comme le royaume des croisés à l’époque médiévale. Un désastre apparait donc indistinctement pour nous tous – les Juifs et les Arabes – et seule l’Europe pourrait l’éviter, si elle cessait d’être l’esclave de ses intérêts et des nôtres, des intérêts Américains et du Sionisme.

. . .

[1] Ilan Pappe est professeur à l’université de Haïfa. Cet article est paru pour la première fois dans Socialist Worker 2011, 29 juillet 2006 (www.socialistworker.co.uk)
[2] Lire : Il y a 70 ans la Palestine

Un petit clin d’œil à mamalilou

Servhome sweet home

Jeudi, 29 janvier 2009

servhome

Aujourd’hui, je tiens à rendre hommage à l’équipe de Servhome qui héberge gratuitement ce blog, depuis sa création il y a quelques mois déjà,  et ce, avec un service irréprochable digne d’un hébergeur professionnel.

« Servhome est un hébergeur de sites internet basé en France, lancé en juin 2006, qui actuellement offre une grande flexibilité et haute disponibilité d’hébergement et de nombreux services aux webmasters hébergés« 

Plus de 1050 sites web ont déjà fait confiance à Servhome et font  désormais partie d’une large communauté de webmasters toujours en expansion.

En effet, cet hébergeur offre tous les services nécessaires pour publier un site web de qualité et sans débourser le moindre sous.

Parmi la multitude de services qu’ils offrent, j’ai retenu cette liste :

  • Hébergement gratuit et sans pub HTML / PHP / MySQL;
  • Espace de stockage illimité;
  • Bande Passante illimitée;
  • Mémoire PHP de 32 Mo;
  • Une base de donnée (avec possibilité d’en avoir deux);
  • Une adresse en http://site.servhome.org (avec possibilité d’ajouter des sous-domaines);
  • Un compte FTP;
  • Possibilité d’utiliser des noms de domaines;
  • Une boite mail en utilisateur@servhome.org;
  • Support technique rapide via un forum et l’IRC;

J’encourage donc tous ceux qui cherche un hébérgeur fiable, gratuit et sans publicité à opter pour Servhome.

Mystère..

Mercredi, 28 janvier 2009

12-13

Voici une énigme géniale qui va chauffer vos neurones jusqu’à ébullition!!

Regardez bien l’image en haut et comptez..

Combien y a-t-il de garçons?

12? 13?

Ou bien les deux?

Mais comment est-ce possible?

Voici un indice (à dévoiler)

DEVOILER ▼

Et voici la solution (à dévoiler)

DEVOILER ▼

Parmenide, l’Etre ou ne pas être

Mardi, 27 janvier 2009

coeur

Aujourd’hui, je vais vous relater une conversation que j’ai eu avec un vielle ami, il est un peu fou-fou mais ne vous mèprenez pas, ses folies apparentes cachent, en fait une, grande sagesse..

Parménide (544 – 450 av.  J.C.), c’est son nom, opte pour une étrange méthode de pensée, il oppose la logique à l’expérience.. Pour lui, la Raison est LE critère de la vérité.

Lorsqu’il a eu vent de mes investigations métaphysiques, il m’a envoyé les  paroles suivantes :

« La première voie de recherche dit que l’Être est et qu’il n’est pas possible qu’il ne soit pas. C’est la chemin de la certitude, car elle accompagne la vérité. L’autre c’est que l’Être n’est pas et que le Non-Être est. »

Mais bien sûr!!

Et pourquoi n’y ai-je pas pensé plutôt?

Selon Parménide, il n’est pas profitable de chercher un principe d’explication du monde dans des éléments fondamentaux comme l’Eau, l’Air, la Terre ou le Feu.. toutes ces matière ne sont que des apparences  inventées par nos propres sens.. Il est primordial de reconnaître qu’il y a l’Etre. Le fait d’être n’a ni commencement ni fin (il est éternel), il est présent absolument, indivisible et homogène.

« Rien ne peut se transformer ; rien ne nait de rien ; tout a toujours existé ; ce qui n’est rien ne peut devenir quelque chose ; et, comme rien ne peut devenir autre chose, il n’y a guère que l’être et l’éternel ; donc nos sens sont voués à l’illusion. »

La pensée, en suivant les règles de la logique, établit ainsi que l’Être est, et qu’il faut lui prédiquer des attributs non-contradictoires : il est intelligible, non-créé et intemporel, il ne contient aucune altérité et est parfaitement continu.

« Tu ne réussiras pas à couper l’Être de sa continuité avec l’Être, de sorte qu’il ne se dissipe au-dehors, ni il ne se rassemble.« 

Entre deux voies se proposant à la pensée, la voie de l’affirmation de l’être et celle de la négation de l’être, la Vérité se prononce pour la première : la Vérité c’est qu’il y a l’Etre. L’Opinion est fausse parce qu’elle favorise le refus de l’être, et qu’elle pose un double principe à la base du réel, le feu (ou la lumière) et la nuit (ou l’obscurité), alors qu’il n’y a qu’un seul vrai principe : l’Etre est.

« L’Etre se parfaisant aux limites dernières
Il est tel que la masse arrondie de la sphère
Où du centre, un rayon, se propage en tout sens
N’admettant, çà ou là, plus ou moins de distance
« 

Merci mon ami d’Élée.. Vos pensée m’ont éclairé une bonne partie de la voie encore obscure. Ce que vous appelez l’Etre éternel, continu, homogène, absolu, indivisible, non créé et intemporel… moi je l’appelle Dieu créateur et tout-puissant, mais qu’importe les nominations du moments qu’on est tous d’accord sur le principe véridique que l’Etre est et qu’il n’est pas possible qu’il soit pas!

Réflexion n° : 25 :

Y a-t-il d’autres chemins qui mènent à la destination?


Et de 5!

Lundi, 26 janvier 2009

noir3

. . .

Joyeux anniversaire chérie..

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai..

. . .

NB : n’essayez pas de comprendre.. Elle seule comprendra..

A Propos

Ici j'exprime mes reflexions, qui sont les reflexions de ce qui je suis et de tout ce qui m'entoure.. Plus

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