Finance islamique, antidote à la crise financière?

Posté le 9 octobre 2008 – 16:35 | par Simpldespry | 4 267

L’occident est sous l’emprise d’une crise financière, la pire depuis celle de 1929, ses effets commencent à se faire sentir dans l’économie réelle et la mondialisation accélère sa propagation en effet domino à travers le reste du le monde.. Les experts dénoncent « la faillite d’un système économique et financier aux contrôles défaillants et à la finalité discutable»  et proclame une moralisation de l’économie de marché pour qu’elle soit « au service de l’Homme»  (1).

« En réalité, et Benoît XVI nous pardonnera, au moment où nous traversons une crise financière qui balaie tous les indices de croissance sur son passage, c’est plutôt le Coran qu’il faut relire que les textes pontificaux. Car si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds propres, avaient respecté un tant soit peu la Charia, nous n’en serions pas là« (2) C’est avec ces mots que l’éditorialiste français, Vincent Beaufils, décrit la situation et préconise le recours à la finance islamique.

En effet, la finance islamique pourrait offrir une réelle alternative à l’actuelle économie de marché, ou du moins y être bien intégrée en tant que complément indispensable (3).

La finance islamique a fêté en 2005 ses 30 ans d’existence, durant lesquels, elle a enregistré des taux de croissance variant entre 10 et 30%  en fonction des classes d’actifs. Actuellement, sa taille de marché représenterait entre 500 et 700 milliards de dollars basée essentiellement en moyen orient.

Mais qu’est ce que la finance islamique?

La finance islamique prône une économique d’éthique, elle est bâtie sur cinq piliers :

  1. Pas de “riba” (intérêt, usure) : Les prêts d’argent doivent être dénués de profit, ce qui revient à des taux d’intérêts proches du zéro ;
  2. Pas de “gharar” ni de “maysir” (spéculation, incertitude) : Les jeux d’argent basés sur le hasards sont prohibés de même que les transactions à visées spectatrices ;
  3. Pas de “haram” (secteurs illicites) : Sont aussi défendus, tous les investissements dans les secteurs illicites par la Charia (Alcool, tabac, pornographie, …) ;
  4. Obligation de partage des profits et des pertes : Que se soit entre associés ou entre banque et client, le partage des profits et des pertes est obligatoire, il se fait selon le contrat initial ou selon les apports respectifs;
  5. principe d’asset-backing (adossement à un actif tangible) : Les transactions financière islamiques doivent avoir un lien directe avec un actif réel et tangible donc avec l’économie réelle.

Un conseil de conformité à la Charia, présent dans chaque institution financière, valide le caractère islamique d’un produit financier ou d’une transaction financière.

L’application de ces principes islamiques aurait-elle pu éviter une telle crise?

Techniquement, l’application stricte des cinq principes de la finance islamique n’aurait pas eu pour conséquence la crise des subprimes. Celle-ci est d’abord fondée sur l’octroi de crédits immobiliers à des populations risquées, du point de vue de leurs revenus, par rapport à leurs charges de remboursement, puis sur le repackaging de ces crédits de base dans des structures financières très complexes et très risquées. Les crédits hypothécaires risqués, les subprimes, et leurs dérivés extraits de structure de titrisation sont fondés sur les taux d’intérêt. Comme ces derniers sont interdits en islam, alors effectivement on n’aurait pas pu rencontrer un tel cocktail explosif dans le monde musulman. (4)

Et la fiscalité?

En réponse à certaines sources (7) qui s’interrogent sur l’imposition et les règles fiscales de ces transactions, je précise il n y a pas d’impôts à proprement dit en islam, en revanche la Zakate est l’un des 5 piliers de l’islam, c’est l’aumône obligatoire que tout musulman verse annuellement en vertu des règles de solidarité instituées par l’Islam. Tout musulman qui possède pendant toute une année lunaire la valeur du Nissâb (valeur prédéterminée en épargne, bétail, minerais ou marchandises) ou plus, doit s’acquitter d’un pourcentage prédéfini du montant total de ses biens au profit des plus pauvres de sa communauté en commençant par sa famille (à l’exception de ceux qui sont à sa charge) et ses voisins (8)

Par exemple, quelqu’un qui possède pendant toute une année une somme d’argent (argent liquide bloqué qui ne circule pas, car autrement il n’est plus imposable) équivalente à 85gr d’or (C’est le Nissab qui correspond à l’argent liquide) doit à la fin de cette année verser 2.5% de cette somme au profit des nécessiteux. (9)

Pour ceux qui préfèrent l’audiovisuel voici un reportage de « France 24″ sur le sujet:

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Sources (à consulter pour plus de détails):

(1) Les causes et remèdes de la crise financière mondiale – Nicolas DUPONT-AIGNAN
(2) Le pape ou le Coran – Beaufils Vincent
(3) La finance islamique – Anouar HASSOUNE
(4) On est dans une situation de déséquilibre majeur dans l’économie globale – Anissa Ammoura
(5) La finance islamique – Wikipedia
(6) La finance islamique discutée au Sénat (France)
(7) Le marché émergeant de la finance islamique: réalité ou mythe?
(8) La Zakate, importance et vertus de ce pilier de l’Islam – M. Patel Mouhammad
(9) Un site qui propose de calculer la Zakate pour vous

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  1. 24 Réponses à “Finance islamique, antidote à la crise financière?”

  2. Par PHILCO le 12 oct 2008 | Répondre

    L’application d’une finance où les intérêts financiers seraient exclus aurait-elle permis la croissance économique qu’a permis le système capitaliste? Evidemment pas. L’Eglise, au Moyen Age, avait aussi interdit le prêt à intérêt. Mais ce sont les juifs qui s’étaient substitués à ce que ne pouvait pas faire les chrétiens ce qui était l’aveu même de la nécessité de l’intérêt. Elle a ensuite abandonné cette interdiction.
    D’ailleurs, pourquoi cette pratique n’est-elle pas adoptée dans les pays islamisants du Golf ou en Iran?

  3. Par Simpldespry le 12 oct 2008 | Répondre

    Je ne suis pas expert en économie (voir la page Auteur) c’est pouquoi tout ce qui se trouve sur l’article sont des avis d’experts qui, eux, trouvent que c’est possible (du moins partiellement)

    A mon humble avis, l’interet de la finace islamique réside dans le fait qu’elle encourage l’investissement, donc « LE PLEIN EMPLOI»  (rêve unique de l’homoéconomicus), et ce par au moins deux mesures directes (que moi je connais):
    1- Taux d’interet proche du zéro
    2- Zakate (sorte d’impôt) imposable à l’argent liquide (et autres biens) qui ne participent pas à l’économie (par ce que bloqués). Et par opposition, l’argent investie est exonénérée d’impots (Zakate).. Donc pas d’impot sur le revenu par de TVA.. rien!! C’est pas beau ça?
    Et lorsque le roue de l’économie tourne c’est tout le monde qui en profite

    Maintenat pourquoi des pays islamiques ne l’adoptent pas.. je dirai que ce n’est pas le seul disfonctionnement à corriger.. mais disons que ça commence à venir, doucement mais sûrement

  4. Par Bunix le 12 oct 2008 | Répondre

    Pourquoi des pays islamiques ne l’adoptent pas ? Parce que, les banques classiques garantissent de plus gros gains… C’est tous simplement l’appât du gain !

  5. Par Simpldespry le 12 oct 2008 | Répondre

    @ Bunix
    Des gains pour qui? certainement pas pour les pauvres consommateurs!
    Vous avez peut être raison si vous parlez du gain des banques, mais je pense que c’est plus compliqué que cela c’est un truc plutôt politico-lobyyo-économique ;-)

  6. Par PHILCO le 13 oct 2008 | Répondre

    L’investissement est favorisé par les prêts bancaires qui sont eux-même motivés par les taux d’intérêts. C’est cela qui a été la base du développement capitaliste depuis l’initiation des prêts à intérêt par les banquiers italiens sous la Renaissance. Si le monde est ce qu’il est, c’est bien grâce à cette économie capitaliste dont le prêt à intérêt est un des moteurs. Quel intérêt à être banquier si la perspective de gain n’existe pas? De plus, ces placements étant contrôlés pour être validés par des autorités religieuses, ne peuvent que se développer dans un monde musulman. Par exemple, en 2004, un investissement de l’Al Dar Islamic Fund dans le groupe de cosmétiques français L’Oréal a été jugé non conforme parce que l’Islam interdit aux femmes d’utiliser des produits de beauté devant des étrangers. Cela induit une certaine vision de la société. Je ne suis pas sûr qu’une telle vision des sociétés soit la plus moderniste qui soit.

    Ceci dit, il est certain que l’on voit de plus en plus de création de fonds de placements « hallal»  développés par les banques occidentales ou… arabes (au Maroc encore récemment). Mais cela reste de l’opportunisme consistant à capitaliser sur la vague islamisante montante au sein du monde musulman. Pour que ce type de capitalisme éthique se développe planétairement, il faudrait que le monde devienne musulman. Or, les puissances économiques émergentes semblent beaucoup plus venir d’Asie que du monde musulman.

  7. Par echonic le 13 oct 2008 | Répondre

    bravo c interessant

  8. Par Simpldespry le 13 oct 2008 | Répondre

    @PHILCO

    >» Quel intérêt à être banquier si la perspective de gain n’existe pas?» 
    C’est justement l’intérêt de la finance islamique, il faut les banques (ou autre institutions financières à créer) participent réellement aux projets avec la perspective de gagner si le projet dégage des profits et aussi avec le risque de perdre si le projet échoue

    >» Pour que ce type de capitalisme éthique se développe planétairement, il faudrait que le monde devienne musulman» 
    Bien dit! L’islam est un tout, on ne peut pas adopter un aspect et bannir un autre

  9. Par Simpldespry le 13 oct 2008 | Répondre

    @ Echonic
    merci

  10. Par NOUAR Beneddine le 14 oct 2008 | Répondre

    Oran, Algérie, septembre 2008

    CRISE FINANCIERE
    TAUX D’INTERET : LE MAL ABSOLU
    ================

    La crise financière qui a éclaté récemment aux Etats-Unis et qui va engloutir des centaines de milliards de dollars du trésor américain, somme qui aurait sauvé des millions de vies humaines de la famine et de la maladie, a eu un traitement symptomatique. De nouvelles crises avec de nouveaux sauvetages hallucinants surviendront tôt ou tard tant qu’on ne traitera pas la cause de ces crises cycliques.
    Tous les analystes s’accordent à dire que cette crise est celle du marché financier et non celle de l’économie réelle. Encore faut-il en donner une explication de fond et non des explications parcellaires ou accessoires.
    C’est ce que nous allons tenté de faire en nous basant sur les fondamentaux de l’Islam concernant le traitement des capitaux :
    1. Cette religion prohibe de manière absolue le placement ou le prêt avec un intérêt, prohibition qui a pour conséquence la non augmentation du capital par lui-même. Le capital n’a d’autre possibilité d’augmenter que par son investissement dans le secteur de la production des richesses.
    2. Si le capital est thésaurisé, donc non investi, il est l’objet d’une ponction annuelle de 2,50% de sa valeur, appelée Zakat et destinée aux démunis. Cette ponction n’a pas la fonction d’impôt pour assurer les services publics, comme certains le pensent : c’est une contribution de solidarité sociale destinée à être distribuée à des personnes physiques dont le revenu mensuel est inexistant ou ne leur suffit pas à boucler leurs dépenses mensuelles. Cette ponction a également pour effet l’extinction à terme des capitaux dormants : à titre d’exemples, au bout de 80 années, le capital thésaurisé perd 87% de sa valeur, au bout de 100 années 92% de sa valeur. Cette ponction n’est plus redevable au-dessous de la valeur équivalente à celle de 85 grammes d’or. Ce minimum (nissab) varie d’année en année avec le cours de l’or.
    3. Si le capital thésaurisé est prêté, la ponction charité de 2,50% ne lui est pas applicable : de ce fait, le capital thésaurisé peut être maintenu à sa valeur initiale.

    Considérons maintenant les conséquences de l’augmentation du capital par lui-même, de son maintien à sa valeur initiale et de sa diminution grâce à la ponction charité de 2,50%.
    1. L’augmentation du capital par lui-même est le système que le monde entier applique actuellement, même par les pays musulmans. Tout détenteur d’une rente peut la faire fructifier sans risque dans un placement épargne. S’il ne touche aux intérêts de fin d’année, sa rente va augmenter indéfiniment sans contrepartie équivalente dans l’économie réelle (tous les placements de capitaux ne sont pas investis). Résultat : l’équilibre masse monétaire/biens et services est constamment rompu et de nouveaux équilibres interviennent par l’augmentation des prix des biens et services. L’inflation ininterrompue qui frappe les monnaies de tous les pays depuis plus d’un siècle n’a pas d’autre explication.
    2. A contrario, si les taux d’intérêt sont prohibés et le capital maintenu de ce fait à sa valeur initiale, la variation de la masse monétaire ne concernera que la variation des biens et services produits. La non augmentation des capitaux rentiers aura un effet incontestable sur la stabilité des prix et le pouvoir d’achat des monnaies nationales. En tout état de cause, la non augmentation des capitaux rentiers vaut suppression radicale d’un facteur inflationniste important.
    3. En ce qui concerne la diminution des capitaux dormants par la ponction charité annuelle de 2,50%, elle aura trois conséquences :
    a) la relance de la consommation par l’augmentation des bas revenus ;
    b) l’incitation à investir le capital thésaurisé pour éviter son extinction ;
    c) l’incitation à consentir des prêts sans intérêt pour maintenir sa valeur initiale.
    Ces trois conséquences ont pour effet final la relance de l’économie réelle.
    A ce sujet, beaucoup de pratiquants musulmans s’ingénient à fuir la ponction charité en plaçant leurs capitaux dans des valeurs refuges comme les biens immobiliers ou les métaux précieux. Mais ils doivent savoir que même les bijoux des femmes qui sont en principe exonérés de la ponction charité, ne le sont plus lorsque l’intention de sa propriétaire a été de les avoir achetés pour en faire un placement, le principe général en la matière étant que tout bien matériel non utilisé ni dans la production des biens et services, ni dans la consommation (location de logement) doit faire l’objet de la ponction charité, y compris par exemple, des chambres ou des étages d’une maison habitée jamais utilisés. Pour que la ponction charité garde toute son efficacité, elle ne doit pas être laissée à la discrétion des détenteurs de capitaux mais calculée et prélevée par un organisme étatique, comme cela se pratiquait dans les premiers états musulmans.

    L’économie de marché a fait ses preuves au cours de ces deux derniers siècles dans la production des biens et services et dans les progrès technologiques. C’est incontestable. Cependant, le marché financier qui malheureusement, l’accompagne lui a causé beaucoup de tort dans le passé et jusqu’à présent. C’est un parasite de l’économie réelle qui s’est mu en cancer lors de ces dernières décennies avec la multiplication des produits financiers et la facilitation des emprunts, facilitation faisant l’impasse des garanties et compensée par des taux élevés. Le marché financier est un facteur de désordre qui étouffe l’économie réelle de manière cyclique. Au lieu de s’attaquer à ses conséquences, n’est-il pas plus intéressant de s’attaquer à sa cause ?

    Pour nous, musulmans, la cause est entendue : les taux d’intérêt doivent être prohibés de manière absolue et nous pensons que c’est pour le bien de l’humanité toute entière. Ce ne sera pas la première fois dans l’histoire que les civilisations échangent une bonne idée : les exemples sont légion. Il est cependant malheureux de constater qu’il n’existe aucun modèle économique basé sur l’absence de taux d’intérêt. Les économistes des pays musulmans auraient pu construire un tel modèle économique ne serait-ce que par obligation religieuse ou, dans le cas contraire, nous démontrer que c’est un modèle irréaliste. Or, par fainéantise intellectuelle ou par mimétisme, ils se contentent de reproduire ce que créent leurs homologues occidentaux.

    Nous proposons modestement ci-après les fondements de ce modèle économique sans taux d’intérêt :
    1. Postulat de base : aucun placement d’un capital et aucun prêt n’ouvre droit à un intérêt quels que soit le montant ou la durée ;
    2. Tout capital dormant quelle que sa nature (fonds monétaires, biens immobiliers non occupés, métaux précieux) est frappé d’un impôt qu’on peut appeler impôt sur la fortune.
    3. Sont exonérés de l’impôt sur la fortune :
    a) les capitaux investis sous forme d’actions,
    b) les autres valeurs mobilières,
    c) les prêts qui sont bien sûr sans intérêt,
    d) les biens immobiliers utilisés dans la production de biens et services ou dans la consommation (logement).

    Utopie certes : car, même s’il est possible de construire un modèle économique sur de telles bases, il sera rejeté par le capitalisme financier qui détient le pouvoir d’état dans la plupart des pays occidentaux. C’est une hérésie que d’imaginer d’éliminer les taux d’intérêt qui constituent la pierre angulaire de tout le système économique que le capitalisme financier impose au monde entier. Le plus incongru dans ce schéma, c’est l’adhésion démocratique de toutes les forces politiques influentes dans les pays occidentaux, alors même que les détenteurs de capitaux ne sont qu’une minorité électoralement parlant. Ainsi, l’impuissance des partis socialistes face aux partis de droite ne s’explique-t-elle pas par le fait que leurs politiques et leur combat se déroulent dans le cadre des règles de jeu du capitalisme financier ? Par exemple, au lieu de revendiquer péniblement, à intervalles réguliers, l’augmentation des salaires par syndicats interposés, n’est-il pas plus indiqué de frapper au cœur du système pour tarir l’inflation à la base : c’est-à-dire revendiquer l’élimination des taux d’intérêt pour stabiliser la masse monétaire et par conséquence le pouvoir d’achat. Par contre, l’impôt sur la fortune que nous considérons comme deuxième fondement du modèle économique proposé est fréquemment revendiqué par certains partis de gauche en France : malheureusement, la distinction n’est pas faite entre les capitaux dormants parasites et les capitaux investis qui sont utiles pour la société et l’emploi. Le résultat politique négatif de cette revendication est la jonction du capitalisme financier et du capitalisme productif qui se retrouvent du même côté de la barrière. Imposer le profit en tant que revenu est tout à fait logique, mais imposer le capital qui a permis ce profit est suicidaire : la règle de bon sens serait de répartir les œufs de manière équitable tout en préservant la poule pour d’autres pontes. Troisième aspect politique du modèle proposé : si les partis alternatifs et les partis de gauche occidentaux réussissent à imposer un modèle économique sans taux d’intérêt, il serait logique et juste de revendiquer la distribution de l’impôt sur la fortune à l’ensemble des salariés au lieu de le destiner au service public et ce, dans le cas où on estime comme le grand économiste occidental Karl Marx, que la formation du capital imposé est l’œuvre de tous les salariés.

    Dans les sociétés occidentales, le taux d’intérêt est entré dans la culture des masses, il est par conséquent très difficile de l’éradiquer à moins d’une crise financière majeure qui se retourne contre la grande majorité de la société.

    Y a-t-il alors un espoir de tester un modèle économique sans taux d’intérêt dans les pays musulmans ? Or, là aussi, l’espoir est mince quand on constate la politique de crédit pratiquée par les banques dites islamiques et non fustigée par les théologiens musulmans. Exemple vécu à Oran en Algérie : si vous voulez acheter une automobile qui coûte environ 700.000,00 DA chez le concessionnaire, la banque islamique vous la propose à 1.000.000,00 DA à payer en 5 ans par mensualités. Pour la banque et nos théologiens, la banque a réalisé un bénéfice dans une opération achat-vente et n’a pas usé de taux d’intérêt. Le bénéfice est licite et l’opération semble irréprochable. Or, ce que nos théologiens savent très bien aussi, c’est que tout bénéfice acquis au-dessus du prix du marché du jour de l’achat est usurier et donc illicite, surtout, circonstance aggravante, si l’acheteur est pris à la gorge, n’a pas d’autre moyen d’acheter directement chez le concessionnaire et se trouve obligé de se faire plumer par la banque. Donc, cette manière de procéder est illicite. En fin de compte, le crédit proposé par la banque islamique dont la durée et les mensualités sont identiques à n’importe quelle banque non islamique a été calculé sur la base d’un taux d’intérêt déguisé. Par conséquent, les banques islamiques sont le mauvais exemple à ne pas suivre et sont loin du modèle économique anti-inflation et anti-crise financière que nous proposons. Ce modèle est à construire et vite, car, les dirigeants des états musulmans sont les premiers responsables de la pratique du taux d’intérêt par leurs banques nationales.

    En conclusion, bien que les musulmans en tant que communauté, ont le devoir de vivre dans un environnement économique sans taux d’intérêt, les états musulmans tels qu’ils sont gouvernés actuellement avec le verrouillage du champ politique, l’absence de débats d’idées et sans contre pouvoir sérieux vont persévérer dans leur aveuglement à pratiquer les taux d’intérêt. Pas seulement, car la pratique du taux d’intérêt est aggravée par un autre fléau condamné de manière absolue par la religion islamique, à savoir la corruption. Les états musulmans sont parmi les pays les plus corrompus du monde et foulent ainsi allègrement au pied depuis des dizaines d’années les deux prescriptions religieuses que sont l’interdiction du taux d’intérêt et la condamnation de la corruption (corrupteurs et corrompus). Le changement de système économique conforme aux valeurs islamiques ne se réalisera à notre sens qu’avec l’avènement de la démocratie dans ces pays. Par conséquent, la mise en œuvre d’un modèle économique sans taux d’intérêt ne viendra pas des états musulmans existants, mais s’imposera avec le temps et les crises financières cycliques et douloureuses pour les couches sociales non responsables du désordre financier. Elle sera l’œuvre des partis de gauche, représentant ces couches populaires, ceux qui sont au pouvoir (Amérique latine) et ceux dans l’opposition (Union européenne) alliés au capitalisme productif de tous les pays. Il appartient aux chercheurs d’orienter ces forces politiques en définissant les étapes dans le temps et l’espace pour la réussite de cette révolution financière.

    ==============================
    NOUAR Beneddine
    Cadre d’entreprise
    Citoyen du monde
    ORAN-ALGERIE

    Destinataires non algériens :
    Ambassades (dans l’ordre α) : Allemagne, Brésil, Chine, Corée du sud, Espagne, Etats arabes, France, Grande Bretagne, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Malaisie, Pakistan, Russie, Suisse, USA, Vénézuela, Bolivie.
    Partis politiques français : PS, PCF, LCR, FN, UMP, MoDem, Les Verts.
    Médias : Libération, Nouvelobs, L’Humanité, Le Canard Enchaîné, Réseau Voltaire, La Croix, Le Point, Le Figaro, L’Humanité, El Jazeera, El Arabia, Chark EL Awsat

    Destinataires algériens :
    Partis politiques : FLN – RND – HMS – PT – FFS – FNA – RCD
    Médias : El Watan, Quotidien d’Oran, Soir d’Algérie, Khabar, Chourouk, l’Expression, Réflexions blog

  11. Par Simpldespry le 15 oct 2008 | Répondre

    En voilà quelqu’un qui sait choisir ses mots!

    Sauf que pour « 3. Si le capital thésaurisé est prêté, la ponction charité de 2,50% ne lui est pas applicable : de ce fait, le capital thésaurisé peut être maintenu à sa valeur initiale.»  je ne suis pas si sûr que cela.

  12. Par lassaad le 13 nov 2008 | Répondre

    je gagne 2000 euros par mois et je veux acheter une maison à 200 000 euros. Qui va me preter de l’argent à taux 0%??? Personne!!!
    eviter les mots compliqués et parlons concret ça ne peut pas marcher un établissement financier sans interet c’est impossible sauf dans les financements des projets directs où la banque islamique s’engage à partager les gains ou subir les pertes, c’est trés beau mais pratiquement c’est quasi impossible de l’appliquer:
    -premiére contrainte: la determination de la part de responsabilité de la banque dans le gain ou dans la perte, pour le financement d’une creation de projet on peut plus ou moins determiner la part de responsabilité de la banque, mais pour financer un projet deja existant c’est beaucoup plus dure.
    -deuxiéme contrainte: le probléme de controle du management du projet. C’est un systeme qui marche avec la confiance!!!!
    -troisiéme contrainte: la qualité du projet dans un contexte de mondialisation. Le projet doit etre HALAL et il n’a aucune relation directe ou indirecte avec le riba ou autre haram. donc ça nous reste que les projets de cotton en egypte pour les gens qui vont aller à la mec.

  13. Par Simpldespry le 13 nov 2008 | Répondre

    2000 euros par mois? Pas mal!!! :-D

    Pour mieux comprendre le danger du prêt avec intérêts (mise à part que c’est Haram) regarde sur mon autre article « A la merci de la dette» 

    Pour être conforme à la Charia, la banque ne vous prête pas de l’argent, elle va vous vendre une maison qu’elle lui appartient (qu’elle a acheté bien avant), et là, vous avez le choix soit de payer comptant les 200.000 balles soit d’échelonner le paiement sur une durée déterminée, et dans ce cas, la banque a le droit de vous taxer cet échelonnement

    Pour ce qui est du financement de projet, là aussi la banque ne vous prête pas l’argent elle vous achète une part et être associée au projet.. de la même manière qu’une personne physique détient des actions d’une société cotée dans la bourse

    Question management, c’est vrai qu’il y a une part de confiance, mais que voulez vous? il y a toujours un risque dans l’investissement, sinon comment justifiez-vous le bénéfice?

    Le projet doit être Halal, c’est vrai.. mais rien n’oblige une banque mexicaine (par exemple) d’adopter les principes de la finance islamique à l’exception de celui là!! ce sera un bon début

  14. Par lassaad le 14 nov 2008 | Répondre

    d’abord je suis musulman et je suis encore étudiant je fais un master en finance des marchés et des entreprises(HEC). je ne suis pas expert dans le domaine des banques islamiques mais il ne faut pas etre Adam Smith ou Markowitz pour comprendre que c’est de l’hypocresie pure et simple de la part des banques islamiques « nous on ne prete de l’argent mais on vous achete la maison et puis on prendra des taxes sur l’echelonnement du paiement» . Pour ce genre de financement il y a des établissements qui sont connus sous le nom de leasing ou credit-bail. Mais eux ils perçoivent des interet pas des taxes sur je ne sais pas quoi.

  15. Par Simpldespry le 14 nov 2008 | Répondre

    @ Iassaad
    D’abord je voudrais corriger une chose, quand j’avais dit taxer, je parler dans le sens figuré, je voulais dire que la banque perçoit un gain négocié en contre partie de l’échelonnement du paiement
    Je vais donner un exemple pour mieux m’expliquer:
    Je suis un banquier qui respecte la Charia, je remarque que l’immobilier est un secteur qui marche bien, j’investis donc une part de mon capital dans l’acquisition de maisons , lots de terrain, immeubles,… (chose qu’une banque odinaire ne fera jamais) et j’attends mes clients.
    Lorsqu’un client arrive, je lui donne le choix entre payer comptant (mon capital investi + mon profit) ou de me payer progressivement et là, on se met d’accord moi et lui sur un gain supplémentaire éventuel qui compensera mon attente ..
    Quelle différence avec un crédit ordinaire???
    Pour le client, il a la possibilité de négocier les prix qu’il paye (u taux d’interet est fixé à l’avance), il profite aussi des fluctuations de l’offre et la demande pour espérer faire une bonne affaire (si les prix de l’immobilier chutent, la banque vendra à moindre coût) .. Mais la grande différence se fait sentir du coté de la banque qui prend des risques en se comportant de la sorte, et n’a plus la possibilité de faire des gains faciles à partir de rien d’ailleurs!!! C’est le risque qui justifie le profit, non?

    Maintenant, il est vrai que certaines banques maquillent les transactions, (ou leur tordent le coup) pour les rendre acceptable par à la Charia, et ça c’est de l’hypocrisie!! Je retourne à l’exemple de l’achat d’une maison pour illustre:
    Je suis un banquier sans scrupule qui cherche à duper les gens en prétendant être conforme à la loi islamique, je m’assoie dans mon bureau et j’attends les clients (as besoin d’investir). Un client vient de demander de lui vendre un appartement, je lui dis que je n’en possède pas mais je lui demande d’aller chercher un appartement qui lui plait et de me le montrer.. Une fois l’appartement trouvé, et connaissant son prix, je propose à mon client un prix de vente qui va inclure le prix initial de l’appartement plus mes gains (remarquez que je ne possède pas encore la chose à vendre), si le client est d’accord je lui fait signer un contrat (qui me protège contre une éventuelle rétractation), j’achète la maison et je la lui vends..

    Y a-t-il une différence entre les deux cas de figure????

    J’espère que j’ai bien expliqué la différence, je ne suis pas expert non plus mais je crois que VENDRE ce n’est pas PRÊTER et si pour vous dites que c’est la même chose cela rend l’application de la finance Islamique encore plus facile.. puisque c’est la même chose!!!!

  16. Par lassaad le 14 nov 2008 | Répondre

    en tous les cas je vous remercie, mais je reste convaincu que charia et banque ne font pas bon menage, historiquement une banque tire son profit exclusivement de la difference d’interet entre les agents a disponibilité de financement et agents qui ont besoin de financement. L’utilisation du terme banque en lui meme une sorte d’hypocresie.

  17. Par Simpldespry le 14 nov 2008 | Répondre

    :-) Vous êtes le bienvenu sur mon blog

  18. Par musulman le 5 déc 2008 | Répondre

    non les pays islamiques l’utilisent mais pas tous malheureusement,
    l’arabie saoudite utilise la finance islamique, vous savez qu’en islam Dieu nous parle d’une guerre entre lui et les gens qui travaillent avec le taux d’intérêt »  ribaa»  ,
    ça me fait peur rien que de penser à ça, à mon avis la situation ira de pire en pire et la ruine attend toute l’économie mondiale.

  19. Par musulman le 5 déc 2008 | Répondre

    la compensation d’attente = riba

  20. Par musulman le 5 déc 2008 | Répondre

    je suis d’accord avec NOUAR Beneddine
    t’as raison

  21. Par Simpldespry le 5 déc 2008 | Répondre

    @ musulman
    Nous avons raison d’avoir peur, la guerre contre Allah est trop déséquilibrée

  22. Par DAFIR le 20 jan 2009 | Répondre

    je gagne 2000 euros par mois et je veux acheter une maison à 200 000 euros. Qui va me preter de l’argent à taux 0%??? Personne!!!
    =========

    la réponse réside essentiellement dans la perception au sens large des techniques financières en Islam. il ne faut pas comprendre par là que les banques vous prêteront à des taux d’intérêt de 0%. il existe plusieurs techniques qui garantissent le bénéfice des banques et assurent un équilibre économique ! je cite par exemple le crédit bail qui reste entièrement Hallal et reste assimilé à une vente et non pas à un prêt à Intérêt.

    également la participation aux bénéfices et aux pertes. d’ailleurs même le legilateur, Français (articles 1832 et 1833 du Code civil) et marocain (art 982 du DOC) signalent implicitement cette condition parmi celles permettant la naissance du CONTRAT D’ENTREPRISE. donc qu’est ce qui empêche les banques d» appliquer un tel modèle financier ?

    je dirai que la réponse est la suivante : une soif de réalisation du maximum de gain en un laps de temps assez réduit, c’est purement la philosophie du capitalisme sauvage où tous les moyens sont la bienvenue, et ce indépendamment des conséquences futures.

  23. Par Simpldespry le 21 jan 2009 | Répondre

    @ DAFIR
    Capitalisme sauvage => crises financières
    C’est inéluctable
    A quand la prochaine crise???

  24. Par akli le 22 jan 2009 | Répondre

    sauf qu’on islame on ne peut pas et on a pas le droit de vendre ce qu’on ne pocède pas encore

  25. Par Simpldespry le 22 jan 2009 | Répondre

    @ akli
    et pourquoi ce « sauf» ?????

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